Bruxelles, 12/09/2012 (Agence Europe) - Par un décret publié mardi 11 septembre, une semaine après l'ouverture par la Commission européenne d'une enquête formelle concernant le gazier russe Gazprom (EUROPE n° 10682), soupçonné d'abus de position dominante et de manipulation des prix dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, le président russe, Vladimir Poutine, place sous le contrôle et la tutelle de l'État les entreprises russes « stratégiques ».
Le décret soumet notamment à l'accord du gouvernement la communication, par ces entreprises, d'informations concernant leurs activités et leurs tarifs dans les pays étrangers, lorsqu'elles sont « exigées par les services de pays étrangers, des organisations internationales, des unions de pays étrangers ». Plus encore, l'État devra autoriser toute modification d'accords passés par ces entreprises avec des partenaires à l'étranger, ou toute cession de parts qu'elles peuvent détenir dans des sociétés étrangères, de droits dans des activités commerciales à l'étranger ou de biens immobiliers à l'étranger. « Comme l'indique le décret, Gazprom ne fournira désormais d'informations sur ses activités, ou de réductions de prix, qu'après accord préalable avec les autorités compétentes, comme pour toute autre modification tarifaire », a déclaré un porte-parole de la société, cité par l'agence Ria Novosti.
La Commission européenne n'a pas souhaité commenter la décision du président russe, indiquant qu'elle « ferait le nécessaire » pour mener l'enquête à son terme, y compris en demandant des informations à Gazprom et à d'autres entreprises. Elle analysera les termes du décret en ce qui concerne la faculté des entreprises russes d'opérer librement sur le marché à la suite de ce décret. (FG)