Bruxelles, 12/07/2012 (Agence Europe) - La Chine s'impatiente tant en raison du maintien de l'embargo européen sur ses armes que de la lenteur de l'UE à lui octroyer le statut d'économie de marché.
Deux jours après une 3ème session du dialogue stratégique UE/Chine qui s'est montrée fructueuse en façade, avec l'engagement des parties de renforcer leur coopération sur les questions internationales et à tenir un dialogue sur la défense et la sécurité, la sortie médiatique d'une responsable gouvernementale chinoise fait l'effet d'une douche froide, jeudi 12 juillet. Le maintien de l'embargo de l'UE sur les ventes d'armes chinoises imposé après la répression des manifestations pro-démocratiques de juin 1989, dont Beijing demande la levée depuis bien des années, tout comme la lenteur de l'UE à octroyer à la Chine le statut d'économie de marché qu'elle réclame depuis non moins longtemps, et qui la mettrait à l'abri des actions antidumping de l'UE contre ses produits, « sont révélatrices de la discrimination exercée contre la Chine par la partie européenne », a déclaré à la presse la conseillère du ministère des Affaires étrangères chargée des questions européennes, Hua Chunying, dans des propos relayés jeudi par l'AFP. « Ces questions reflètent le manque de confiance de la partie européenne », a-t-elle ajouté, concluant: « Si l'UE peut faire un petit pas en avant en réglant ces deux questions, nous pourrons faire un grand pas en avant dans le renforcement de la confiance mutuelle ».
Entrée à l'OMC en 2001, la Chine pourrait obtenir seulement en 2016 le statut d'économie de marché tant convoité. Si elle satisfait au moins à deux des cinq critères pour obtenir ce statut - le remplacement du troc par des moyens de paiement moderne et les normes comptables, la Chine doit encore progresser sur la mise en application des lois sur la propriété intellectuelle, sur la vérité des prix, qui restent contrôlés par l'État dans certains secteurs clés, et sur l'indépendance du secteur financier. (EH)