Bruxelles, 12/07/2012 (Agence Europe) - Deux organisations européennes (Eyes on Animals et Animal Welfare Foundation) dénoncent l'incompétence de la Commission européenne et de certains États membres devant les plaintes pour mauvais traitements infligés aux animaux lors du transport de bétail. « Cela fait maintenant deux ans depuis que la souffrance liée à ce commerce a été révélée. Je suis choquée de voir qu'en dépit du fait qu'ils sont constamment informés sur ces problèmes, la Commission, certains États et les transporteurs échouent encore à s'assurer que ce commerce s'effectue en accord avec la loi », a déclaré Lesley Moffat, directrice de Eyes on Animals.
En janvier 2011, ces deux organisations ainsi que Compassion in World Farming avaient effectué des enquêtes à la frontière entre l'Union européenne et la Turquie (EUROPE n°10529). Elles ont remis le couvert entre le 22 et le 29 juin et leur constat est alarmant, car malgré la mise à jour de ce problème en janvier dernier, le transport de nombreux animaux viole toujours les lois européennes.
Ainsi, les deux associations ont constaté que sur 31 véhicules inspectés à la frontière bulgare vers la Turquie, 18 (soit 58%) violent le règlement 1/2005 sur la protection des animaux durant le transport. Les mauvais traitements sont sensiblement les mêmes que ceux qui avaient été dénoncés en janvier 2012, à savoir: non respect des densités maximales de stockage des animaux, réserves d'eau limitées, literies en mauvais état. Avec pour résultat des niveaux d'ammoniac qui grimpent et qui rendent difficile la respiration des animaux.
Le bilan est loin de s'arrêter là. Les 28h règlementaires au-delà desquelles les transporteurs sont tenus d'abreuver et de nourrir les animaux, ainsi que l'obligation de leur laisser 24h de repos, passent littéralement à la trappe. Il a en effet été révélé que certains animaux étaient transportés d'une traite pendant 60h entre l'Autriche et leur destination en Turquie.
Ces problèmes sont encore aggravés par les heures, voire les jours, d'attente à la frontière. Aucun progrès n'a été constaté par les organisations lors de leurs enquêtes. En effet, elles ont encore dénoncé le fait que les transporteurs arrivent aux frontières sans être munis des documents correctement remplis ou transportent des chargements excédant les quantités réglementaires.
Au cours de l'année 2011, ce sont presqu'un millions de bovins et d'ovins qui ont été transportés de l'UE vers la Turquie. La plupart des animaux sont envoyés pour l'abattage mais certains le sont pour l'élevage ou l'engraissement. Les pays expéditeurs sont l'Autriche, la Hongrie, la Bulgarie, la Grèce, la République tchèque, la Slovaquie, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie. Les compagnies de transport qui transitent à travers l'UE à destination de la Turquie proviennent de ces pays mais aussi des Pays-Bas, de l'Allemagne, la Pologne et la Croatie, selon l'organisation Compassion for World Farming.
Les organisations dénoncent ainsi le peu de progrès qui ont été réalisés. Dans de nombreux cas, les animaux tombent malade, sont blessés ou meurent lors du transport. C'est pourquoi, Peter Stevenson, de Compassion for World Farming, exhorte la Commission européenne à procéder à la suspension pure et simple de l'exportation d'animaux vivants vers la Turquie. (EL-stag)