Bruxelles, 29/03/2011 (Agence Europe) - Même si la Commission européenne a encore besoin de temps pour élaborer un modèle qui soit « à la fois réaliste et efficace », elle compte bien proposer d'intégrer le programme communautaire de distribution de denrées alimentaires en faveur des personnes les plus démunies dans le paquet législatif pour la prochaine politique de cohésion, a affirmé le commissaire Olli Rehn (Affaires économiques et monétaires), devant les députés du Parlement européen réunis en session plénière, jeudi 29 mars.
En effet, le financement de ce programme ne sera plus garantit à partir de 2014 ou du moins pas dans la même forme qu'aujourd'hui. Si un compromis a pu être trouvé pour les années 2012 et 2013, ce programme sera définitivement démantelé au-delà, ne pouvant plus être maintenu dans la PAC, en vertu d'un arrêt de la Cour de justice de l'UE (EUROPE nº10359). Or, ce programme est devenu une source d'approvisionnement alimentaire régulière pour plus de 18 millions de citoyens européens. Pour M. Rehn, le caractère social du programme est évident, non seulement dans un contexte de crise économique, mais parce qu'« il y aura toujours des personne dans nos sociétés qui auront besoin d'un tel programme ». C'est pour cette raison « qu'il s'inscrit également de manière plus appropriée à l'objectif de réduction de la pauvreté de la stratégie EUROPE 2020 » et pourrait dépendre à l'avenir du Fonds social européen. Ainsi, la Commission examine « diverses options pour façonner le futur programme (de l'aide alimentaire aux plus démunis, Ndlr) dans le cadre la politique de cohésion d'une manière qui maximise l'impact de l'appui que les divers fonds de la politique de cohésion peuvent fournir », a-t-il dit.
Durant le débat, tous les députés ont salué le compromis pour la période 2012-2013 et la proposition de maintenir le programme dans le cadre financier 2014-2020. Pervenche Berès (S&D, française) a indiqué que la Commission peut compter sur un soutien sans faille du Parlement européen quant à l'initiative qu'elle proposerait pour maintenir en vie le programme d'aide alimentaire, mais à condition que cela ne se fasse pas sans augmenter le budget du Fonds social européen. Marian Harkin (ADLE, irlandaise) a exprimé son inquiétude qu'un compromis puisse être bloqué au niveau du Conseil de l'UE, remettant ainsi en cause l'avenir de la politique sociale européenne. Une crainte partagée par Marije Cornelissen du groupe des Verts, qui a également souligné le besoin d'avoir rapidement une idée claire de l'avenir du programme pour que les banques alimentaires puissent se préparer à toute éventualité pour l'année 2014. (JK)