Bruxelles, 29/03/2012 (Agence Europe) - Le Parlement européen et le Conseil des ministres sont parvenus le 28 mars à un accord en première lecture à propos du nouveau règlement sur le roaming. Le texte prévoit des plafonds tarifaires inférieurs à ceux fixés par la Commission européenne dans sa proposition, ce que le Parlement souhaitait (EUROPE n° 10584). Les groupes politiques se réjouissent globalement de l'accord:
. S&D: « Fin de l'arnaque sur les données en itinérance » clament les députés du groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates. Ils ont salué le résultat final de la révision du règlement, car il réalise leurs principaux objectifs: la fixation d'une date limite (2016) pour l'application des coûts d'itinérance et une réduction drastique des prix entre-temps. « Nous payons depuis trop longtemps des tarifs absurdes (…) Nous voulons mettre fin à l'itinérance parce qu'il est insensé de maintenir des frontières artificielles au sein d'un marché unique. Nous n'avons pu obtenir la mise en œuvre immédiate mais ce sera chose faite en 2016 », a commenté le négociateur et député S&D Robert Goebbels (luxembourgeois). « La réduction des prix des données en itinérance est un préalable à la réalisation de l'Europe numérique », a ajouté la vice-présidente du S&D Marita Ulvskog (suédoise).
. PPE: Roza Thun (polonais), député négociateur sur le roaming, se félicite des baisses de tarifs obtenues par le Parlement. « La réduction progressive du prix maximum des transactions entre les opérateurs de téléphonie mobile et l'ouverture du marché aux nouveaux opérateurs ainsi que le renforcement de la concurrence qui s'en suit seront un véritable soulagement pour les consommateurs » a-t-il souligné. « Nous avons apporté plus de concurrence sur le marché pour mettre un terme à l'arnaque envers les consommateurs », a ajouté Angelika Niebler, rapporteur sur le sujet.
. ALDE: Les démocrates et les libéraux sont « globalement satisfaits » du résultat obtenu sur le dossier. Rapporteur pour le précédent règlement (« itinérance 2 »), Adina Valean (roumaine) regrette toutefois que le « Local Break-Out » n'ait pas été entièrement pris en compte: « Je regrette que le Parlement n'ait pas été en mesure d'assurer une obligation claire pour les opérateurs afin de permettre une utilisation locale des services de données à l'étranger comme je l'avais proposé et comme l'avait adopté la commission ITRE ».
. Verts-ALE: pour le groupe des Verts/Alliance Libre européenne, le texte aurait pu aller encore plus loin pour baisser les plafonds. Au nom de son groupe, le Belge Philippe Lamberts a déclaré: « La différence artificielle entre les tarifs domestiques et de roaming reste bien trop élevée et nous regrettons qu'il n'ait pas été possible d'assurer des prix plus proches de la réalité pour les consommateurs européens ». En outre, il y avait clairement de la marge pour baisser encore les prix de gros pour les données en itinérance, a-t-il remarqué. « Nous regrettons de devoir encore attendre une autre révision pour finalement mettre un terme à cette arnaque exorbitante en matière de roaming », a-t-il conclu.
. ECR: « C'est scandaleux que les consommateurs paient toujours des prix exorbitants lorsqu'ils utilisent leur téléphone à l'étranger », a déclaré le conservateur britannique Giles Chichester, qui a participé aux négociations. Le député s'est réjoui du choix désormais possible pour les consommateurs d'opter pour un autre opérateur lorsqu'ils voyagent dans les pays européens. Il regrette toutefois que la législation européenne soit nécessaire pour forcer les prix vers le bas, une initiative que devrait prendre d'elle-même l'industrie.
Dans un communiqué, Tom Ruhan, le directeur de l'ECTA, organisation qui représente les intérêts des nouveaux opérateurs, estime que poursuivre avec un système de plafonds pour les prix de gros et au détail est sans doute la solution la plus raisonnable pour atteindre l'objectif visé par la stratégie numérique, à savoir rapprocher les tarifs domestiques et les tarifs de roaming. L'ECTA se félicite des mesures structurelles adoptées, notamment celle visant à ouvrir le marché aux nouveaux opérateurs, ce qui permettra aux opérateurs virtuels d'offrir des services de roaming. (IL)