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Bulletin Quotidien Europe N° 10585
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) euro

François Baroin pour un pare-feu européen le plus élevé possible

Copenhague, 29/03/2012 (Agence Europe) - Le ministre français de l'Économie François Baroin a plaidé en faveur d'un pare-feu financier européen le plus élevé possible, jeudi 29 mars à la veille de la réunion informelle de l'Eurogroupe censé justement revoir le niveau adéquat de la capacité d'intervention financière des pays de la zone euro face au risque de contagion de la crise de la dette souveraine (EUROPE n°10584). « Le pare-feu, c'est un peu comme le nucléaire sur le plan militaire, c'est fait pour ne pas être utilisé, c'est de la dissuasion », a-t-il déclaré sur les antennes de la radio BFM. « Nous souhaitons naturellement qu'il soit le plus haut possible », car « plus le pare-feu est élevé, moins il y a de risques que les pays fragilisés soient attaqués par les marchés, en tout cas par les spéculateurs », a-t-il ajouté. Après une période d'accalmie favorisée par l'injection massive de liquidités par la BCE et le bouclage du 2ème sauvetage financier d'Athènes, l'inquiétude dans la zone euro a refait surface en raison des difficultés budgétaires de l'Espagne.

Au maximum la puissance de feu financière des Européens pourrait atteindre 940 milliards d'euros en additionnant la capacité totale (440 milliards d'euros) de l'actuel Fonds européen de stabilité financière (FESF) et celle (500 milliards) du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui entrera en vigueur en juillet 2012. Mais l'Allemagne, soutenue notamment par la Finlande et l'Estonie, campe sur une position minimaliste. Cette approche consisterait à laisser fonctionner le FESF déjà engagé à prêter environ 200 milliards d'euros en parallèle de la montée en puissance progressive du futur mécanisme permanent de sauvetage, soit une capacité d'intervention de 700 milliards d'euros.

Une solution de compromis pourrait consister à 'geler' les 240 milliards d'euros du FESF, cette capacité d'intervention pouvant être mobilisée en cas d'urgence après une décision au plus haut niveau politique. Ainsi, cette réserve ne pourrait servir à l'octroi de lignes de crédit préventives pour un État membre dont le secteur financier est en difficulté, une telle décision ne requérant pas l'aval des leaders de la zone euro. Autre possibilité: prolonger la durée de fonctionnement du FESF au-delà de juin 2013.

Le rythme des contributions nationales au capital initial (80 milliards d'euros) du MES pourrait aussi constituer une variable de négociation. Le traité instituant le MES stipule que ce capital initial sera versé en cinq tranches annuelles de 16 milliards, le rythme des versements devant être suffisamment rapide pour maintenir une capacité d'intervention combinée FESF/MES de 500 milliards d'euros. Début mars, les leaders de l'Eurozone ont marqué un accord sur l'accélération des deux premières tranches de paiement. Ce rythme pourrait encore être accéléré. L'hypothèse d'un versement en trois tranches est avancée: 32 milliards d'euros en 2012 et 2013, 16 milliards d'euros en 2014.

Présidence de l'Eurogroupe. M. Baroin a par ailleurs estimé qu'un accord n'avait pas été marqué parmi les grands argentiers européen sur le/la remplaçant(e) de Jean-Claude Juncker à la tête de l'Eurogroupe. « Nous n'avons pas encore d'accord. Les négociations doivent continuer », a-t-il considéré. La presse financière fait du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble le grand favori pour succéder à M. Juncker, une décision officielle n'étant toutefois pas attendue avant juin. L'attribution de cette fonction fait l'objet de grandes tractations en coulisse, car elle est aussi liée à d'autres nominations. L'Eurogroupe devrait ainsi recommander que le gouverneur de la Banque centrale du Luxembourg, Yves Mersch, accède au directoire de la BCE. D'autres postes à pourvoir concernent la présidence de la BERD et la direction du MES.

À noter que le Bundestag allemand a commencé à examiner simultanément les traités intergouvernementaux instituant le MES et le Pacte budgétaire. La chancelière Angela Merkel a besoin des voix de l'opposition pour la ratification du traité budgétaire, la gauche allemande conditionnant son soutien à une action plus énergique du gouvernement allemand en faveur de la taxation des transactions financières, autre thème figurant à l'ordre du jour du Conseil Écofin informel. (MB)

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