Bruxelles, 29/02/2012 (Agence Europe) - Repousser l'âge de départ à la retraite, réviser les systèmes de fixation des salaires, diminuer les impôts qui pèsent sur le travail, lutter contre l'évasion fiscale: telles sont quelques pistes suggérées par le Président du Conseil européen Herman Van Rompuy dans un document dévoilé, mercredi 29 février, pour orienter les débats du Sommet européen qui s'est ouvert jeudi 1er mars, sur les mesures à prendre pour favoriser la croissance et la création d'emplois en Europe.
Comme indiqué dans le rapport de la présidence danoise sur le 'Semestre européen', les progrès sont à la traîne dans un certain nombre de domaines où les réformes sont essentielles pour promouvoir la croissance et les emplois. De plus, le récent rapport de la Commission (Alert Mechanism Report) stigmatise des défis et des risques soulevés par les développements macroéconomiques dans certains pays de l'UE (EUROPE n° 10563). « La stagnation de l'activité économique en 2012, prévue par la Commission dans ses dernières prévisions économiques, mettent en lumière le besoin d'actions sérieuses pour relancer la croissance en Europe », souligne le document préparé par les services de M. Van Rompuy.
L'objectif des discussions du Conseil européen est d'identifier les priorités que les pays de l'UE doivent retenir dans la préparation de leurs programmes nationaux de réformes et leurs programmes de stabilité ou de convergence attendus pour avril. Le document du président du Conseil européen comprend trois lignes d'action:
Consolidation budgétaire: la consolidation budgétaire a besoin d'être poursuivie avec sérieux, insiste le texte. Les pays qui bénéficient de programmes d'assistance financière (Grèce, Portugal et Irlande) ont opéré des changements dans l'équilibre structurel dépassant 5% du PIB depuis 2009. Le président du Conseil européen recommande de: - accorder la priorité aux dépenses qui permettre d'assurer la croissance (éducation, recherche et innovation) ; - poursuivre les réformes et moderniser les systèmes de pension (les pays visés sont la Grèce, l'Espagne, Chypre, le Luxembourg, la Roumanie, la Slovénie où les dépenses de pension pourraient augmenter de plus de 6% du PIB au cours des prochaines 50 années. Mais le document note que les dernières réformes en Grèce, Espagne et Roumanie sont susceptibles d'atténuer le poids de ces dépenses) ; - mettre en place des politiques fiscales nationales favorables à la croissance: réduire les taux d'impôts élevés qui ont des effets de distorsion (y compris en élargissant l'assiette fiscale), réduire la charge fiscale sur le travail, surtout sur les salariés ayant un faible revenu (seuls l'Irlande, le Royaume-Uni, Malte et le Luxembourg ont une charge fiscale inférieure à 30%) ;
- améliorer l'efficacité de la collecte des impôts et combattre l'évasion fiscale.
Croissance et compétitivité: - ouvrir les secteurs protégés en supprimant les restrictions non justifiées sur les services professionnels et le secteur de la distribution (des efforts sont en cours en Italie, au Portugal et en Grèce) ; - assurer un secteur des administrations publiques plus efficace (accélérer le taux d'absorption des fonds de l'UE, réduire la bureaucratie…) ; - promouvoir l'innovation (les marchés européens de capital-risque sont très peu développés).
Emploi: - réformer le marché du travail pour stimuler la croissance (révision des mécanismes de fixation des salaires, et le document note que Belgique, Italie, Irlande, Espagne et Portugal ont connu entre 2000 et 2010 des hausse de plus de 20% des coûts salariaux unitaires nominaux dans le secteur de la fabrication) ; - renforcer la mobilité du travail ; - restreindre l'accès aux dispositifs de préretraite et aux voies de sortie précoce du marché du travail tout en soutenant un allongement de la vie active. Dans la plupart des pays de l'UE, l'âge moyen de départ à la retraite est en dessous de 62 ans, alors que dans d'autres pays du monde, il dépasse 65 ans. (LC)