Bruxelles, 01/03/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de l'Eurozone ont fait part de leur appréciation positive, jeudi 1er mars, sur les efforts entrepris par la Grèce dix jours après l'accord politique sur son 2ème sauvetage financier (EUROPE n° 10558). Selon eux, ces efforts apparaissent suffisants pour demander aux créanciers institutionnels d'Athènes d'entreprendre les démarches nécessaires au bon déroulement de la restructuration partielle de la dette grecque. Ce n'est qu'après avoir obtenu la certitude d'une participation suffisante des créanciers privés à cette restructuration qu'ils décideront formellement de verser une première tranche d'aide afin d'éviter, fin mars, un défaut de paiement grec. Une nouvelle réunion de l'Eurogroupe pour faire le point de la situation aura lieu le 9 mars.
L'Eurogroupe accueille positivement l'évaluation de la 'troïka' (Commission européenne, FMI, BCE) selon laquelle « la Grèce a effectué des progrès suffisants dans la mise en œuvre des actions préalables » dans les domaines suivants: « La consolidation budgétaire, l'administration fiscale, la réforme des retraites, la réglementation et la supervision du secteur financier et les réformes visant à stimuler la croissance ». Toute la législation requise a été « adoptée », même si quelques mesures doivent encore être complétées « à brève échéance », note-t-il. Jeudi, le parlement grec a adopté en urgence une loi limitant les dépenses du secteur de santé (ex: fusion d'hôpitaux, diffusion des médicaments génériques), rapporte l'AFP. Deux jours plus tôt, le gouvernement grec avait approuvé une loi destinée à réaliser plus de 3 milliards d'euros d'économies en 2012. Des coupes sont prévues dans les retraites des fonctionnaires supérieures à 1300 euros et dans les retraites complémentaires supérieures. Une baisse de 22% du salaire minimum dans le secteur privé est aussi prévue.
PSI. Outre une enveloppe de 130 milliards d'euros d'argent public, le 2ème sauvetage grec prévoit une participation 'volontaire' du secteur privé (PSI) à hauteur de 107 milliards d'euros (décote de 53,5 % de la valeur nominale de la dette). Objectif: ramener le stock de dette de 160% à 120,5% du PIB. Sur la base d'une offre en cours de l'État grec, les créanciers privés sont invités à échanger leurs titres de dette pour de nouveaux titres à 30 ans, aux taux d'intérêt réduits et basés sur le droit anglais et non plus grec.
L'Eurogroupe autorise formellement le fonds européen de stabilité financière (FESF) à procéder à l'opération qui permettra de rehausser les nouveaux titres de dette grecs grâce à une enveloppe de 30 milliards d'euros. Il donne son feu vert à l'opération financée à hauteur de 35 milliards d'euros qui permettra de protéger l'Eurosystème (BCE+banques centrales), qui détient des obligations grecques, après la récente dégradation de la notation de la Grèce dans la catégorie 'défaut' par les agences de rating. Est également autorisé le paiement d'intérêts (5,5 milliards) sur les titres grecs arrivant à échéance.
Reste que les ministres des Finances de la zone euro maintiennent une pression maximale sur les autorités grecques. Athènes disposera de l'argent nécessaire à la condition expresse qu'elle remplisse tous ses engagements, à la lettre et dans les temps. Aussi, les ministres attendent de voir si le niveau de PSI est suffisamment élevé pour atteindre l'objectif de réduction de la dette grecque avant de débloquer le versement d'une première tranche d'aide. Celle-ci doit permettre à la Grèce d'éviter le défaut de paiement le 20 mars, date à laquelle arrive une échéance de dette de 15 milliards d'euros. L'Eurogroupe réitère en effet que « le succès de la PSI, incluant un niveau élevé de participation, ainsi qu'une évaluation finale positive de toutes les mesures préalables constituent des conditions nécessaires à la fois pour le versement des obligations du FESF et pour le 2ème programme ». Mercredi au Parlement européen, M. Juncker avait indiqué qu'un taux de « 66% » de participation volontaire des créanciers privés était nécessaire pour qu'Athènes puisse activer les clauses d'action collective qu'elle a introduites dans sa législation. Ces clauses permettraient d'obliger les créanciers récalcitrants à participer à l'échange de titres afin de ramener le stock de dette grecque au niveau souhaité. Mais cette démarche pourrait déclencher le paiement de primes d'assurances contre le risque d'un défaut grec.
« Nous attendons la réponse du marché », a indiqué le ministre grec Evángelos Venizélos. « La forme concrète de l'échange obligataire a été mise au point en accord avec le secteur privé et tout le monde comprend très bien que nous disposons de quatre éléments attractifs et importants: le cofinancement, le droit anglais, le 'sweetener' en cash et les 'GDP warrants' », a-t-il ajouté en vantant les mérites d'une « excellente et unique » offre d'échange de dette. (MB)