Bruxelles, 29/02/2012 (Agence Europe) - Le Bélarus a accusé, mercredi 29 février, l'Union européenne d'avoir choisi la voie de la montée de la tension en rappelant ses ambassadeurs, après que Minsk ait lui-même demandé au représentant de l'UE et à l'ambassade polonaise à Minsk de quitter le pays. « La réaction nerveuse de l'Union européenne (...) témoigne d'une chose: Bruxelles a choisi la voie de l'escalade des tensions », a déclaré le porte-parole de la diplomatie biélorusse, Andreï Savinykh. « C'est une voie qui mène à l'impasse. (…) La politique d'intimidation ne marche pas à l'encontre du Bélarus », a-t-il ajouté, précisant qu'il est « impossible de normaliser les relations en utilisant des mesures de force unilatérales ». Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a lui « regretté » les sanctions européennes. « Dans les relations internationales, il faut éviter d'agir par la force », a-t-ajouté.
Rappel des ambassadeurs européens
Mardi 28, à la suite d'une réunion en urgence pour « coordonner la réponse européenne » à ces expulsions, les États membres ont décidé de rappeler leurs ambassadeurs en poste à Minsk. « Dans une expression de solidarité et d'unité, il a été convenu que les ambassadeurs des États membres de l'UE à Minsk seront tous retirés pour des consultations dans leurs capitales », a déclaré la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères. « Tous les États membres vont également convoquer les ambassadeurs biélorusses », a-t-elle ajouté.
La Pologne a qualifiée l'expulsion de son ambassadeur de dirigée « contre toute l'UE ». Avant même la réunion d'urgence européenne, la France et l'Allemagne avaient annoncé le rappel de leurs ambassadeurs. Le ministre allemand Guido Westerwelle s'est dit « indigné » par la décision de Minsk.
Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a considéré la décision biélorusse comme « disproportionnée, inutile et contre-productive », la qualifiant d' « acte hostile ». Il a souligné que le régime devrait s'ouvrir à la démocratie et libérer « sans condition » et réhabiliter tous les prisonniers politiques, ce qui « aiderait dans une révision des mesures restrictives de l'UE ».
Plus tôt mardi, le Bélarus a annoncé qu'en réponse aux nouvelles sanctions européennes, il interdisait l'entrée sur son territoire « aux personnes qui ont participé à l'adoption de ces mesures ». Le chef de la mission de l'UE et l'ambassadeur de Pologne ont été invités à « rejoindre leurs capitales pour consultation », pour faire part à leur hiérarchie du « caractère inacceptable (…) des pressions et sanctions ». Le régime a aussi rappelé son représentant permanent auprès de l'Union européenne et son ambassadeur à Varsovie, pour consultation. (CG)