Bruxelles, 29/02/2012 (Agence Europe) - Selon une étude publiée le 28 février par la Commission européenne, les communications électroniques revêtent une importance cruciale dans l'action globale entreprise pour édifier un marché unique numérique. L'achèvement du marché intérieur des communications électroniques pourrait en effet entraîner une hausse du PIB de l'UE de près de 110 milliards d'euros par an, soit plus de 0,8 %. Un « bonus numérique » pour la croissance qui résulterait d'une intensification de la concurrence, d'une augmentation des économies d'échelle pour les opérateurs de télécommunications et de la possibilité donnée à tous les Européens d'accéder à tous les contenus et services en ligne de l'UE, tels que la musique, les films et les jeux vidéo. Selon Neelie Kroes, commissaire en charge de la stratégie numérique, « notre marché unique accroît notre prospérité et notre compétitivité. Mais ce n'est pas réellement un marché unique si l'Internet et les autres services de télécommunications en sont exclus. Le marché unique numérique est, pour notre économie, un remarquable stimulant dont il serait dommage de se priver »
Selon la Commission, la libéralisation du secteur des télécommunications a été un grand succès mais de nombreux progrès peuvent encore être accomplis en ce qui concerne le développement du marché intérieur des télécoms. L'étude, intitulée « Steps towards a truly Internal Market for e-Communications » (Passage à un véritable marché intérieur des réseaux communications électroniques) porte notamment sur les raisons pour lesquelles de nombreux opérateurs de télécommunications européens n'entrent pas sur d'autres marchés européens où les prix de détail restent plus élevés que sur leurs marchés nationaux. Elle souligne par ailleurs que la demande de largeur de bande (Internet à haut débit) va continuer à augmenter dans les années à venir. Les moteurs de la croissance viendront des services en ligne tels que les films et les jeux vidéo (qui évolueront de la haute définition vers des technologies telles que le 3D), la santé en ligne ou l'enseignement en ligne poursuit-elle, services qui doivent pouvoir compter sur une qualité de service garantie. Des normes paneuropéennes devront être adoptées pour soutenir cette évolution, afin d'éviter que ce qui fonctionne dans un État membre ne soit pas possible dans un autre. L'étude indique un certain nombre de mesures stratégiques que la Commission pourrait prendre dans les années à venir pour réaliser un véritable marché intérieur des communications électroniques. Trois principaux types de mesures sont proposés pour venir à bout des obstacles: 1) réduire le morcellement réglementaire (règles communes sur la durée des contrats et la transparence des factures, par exemple) ; 2) intensifier les activités européennes de normalisation (pour favoriser l'apparition de services paneuropéens d'une qualité garantie dans des domaines tels que la santé en ligne, l'énergie en ligne ou la mobilité en ligne) ; 3) renforcer la coordination entre les activités des autorités réglementaires nationales de télécommunications au niveau de l'UE.
L'évaluation du coût de la non-Europe sur les marchés des télécommunications est un des principaux objectifs de la stratégie numérique pour l'Europe. En mai, la Commission organisera une table ronde au cours de laquelle les parties intéressées pourront présenter leurs propositions d'action face aux problèmes soulevés dans cette étude. (IL)