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Bulletin Quotidien Europe N° 10564
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) conseil europÉen

Grèce, croissance et référendum en Irlande au menu

Bruxelles, 29/02/2012 (Agence Europe) - Les leaders européens se retrouvent, à partir de ce jeudi en fin d'après-midi, pour un nouveau sommet européen focalisé sur la croissance économique. Ils seront informés de l'état d'avancement du 2ème sauvetage grec, après la réunion extraordinaire de l'Eurogroupe plus tôt dans la journée (voir autre nouvelle). Le référendum annoncé en Irlande en vue de la ratification par Dublin du pacte budgétaire que 25 États membres signeront, vendredi, ne manquera pas d'alimenter les commentaires. Face à l'intransigeance de Berlin, aucune décision n'est attendue sur l'adéquation de la taille du pare-feu financier européen destiné à empêcher la contagion de la crise de la dette souveraine, un sommet de l'Eurozone un temps envisagé ayant été annulé (EUROPE n° 10562). Quant à la Serbie, le Conseil européen devrait, sauf coup de théâtre, la reconnaître officiellement, à l'unanimité, comme un pays candidat à l'adhésion à l'UE, après le feu vert des ministres européens des Affaires étrangères (EUROPE n° 10563).

Le président de la Commission M. Barroso a estimé « justifié », mercredi 29 février, que le Conseil européen focalise désormais son action sur les réformes structurelles à appliquer en vue de stimuler la croissance. Ces réformes sont-elles compatibles avec la préservation du modèle social européen ? Ce sera « extrêmement difficile » car ce modèle doit être réformé face à un monde qui continue de changer, a reconnu M. Barroso. Néanmoins, l'Europe ne pourra pas, selon lui, être bâtie sur les seules notions de discipline, de consolidation budgétaire et de responsabilité. Il faut aussi de la convergence, de la croissance et de la solidarité. Le président de la BCE Mario Draghi avait annoncé, la semaine dernière, la mort du modèle social européen. M. Barroso a aussi plaidé pour « une meilleure répartition des sacrifices », évoquant à ce titre l'action de la Commission en matière de taxation financière. Dans sa lettre d'invitation aux leaders européens, le président du Conseil européen M. Van Rompuy met en exergue « le vrai défi » que constitue « la mise en œuvre » de la stratégie 'EUROPE 2020'. Un impératif sur lequel le projet de conclusions du Conseil européen insiste (EUROPE n° 10563). « Nous allons promouvoir un grand éventail d'initiatives, parmi lesquelles des initiatives liées au marché intérieur, afin de stimuler à la fois la croissance et l'emploi », a assuré le Premier ministre danois, Mme Helle Thorning-Schmidt.

M. Barroso a évoqué les progrès enregistrés sur les autres fronts de la réponse européenne à la crise de la dette: - la discipline budgétaire (révision du Pacte de stabilité, accord sur le traité budgétaire) ; - la stabilité financière grâce à « l'action décisive de la BCE » (deux opérations de refinancement bancaire à trois ans: 490 milliards d'euros levés en décembre 2011 et 530 milliards ce mercredi) ; - le pare-feu européen (effet de levier pour le FESF, entrée en fonction anticipée du MES). Sur l'adéquation du pare-feu, M. Barroso a indiqué que la question serait tranchée « en mars » avant la réunion du G20 Finances d'avril. Notant un accroissement de la confiance des acteurs économiques et un changement de perception au Conseil européen, il s'est néanmoins dit « extrêmement prudent » dans la capacité de l'Europe à relancer la machine économique. La Commission prévoit une croissance nulle en 2012 pour l'UE et une légère récession pour l'Eurozone (réduction du PIB de 0,3 %).

Référendum irlandais. Interrogé sur l'annonce d'un référendum en Irlande, M. Barroso a estimé qu'il revenait aux États membres de décider de la manière dont ils souhaitent ratifier le traité renforçant la discipline budgétaire (EUROPE n° 10542). Il a marqué son accord avec le Taoiseach irlandais Enda Kenny pour qui la ratification du traité renforcerait la confiance dans l'économie irlandaise. Un 'non' irlandais ne semble pas préoccuper certaines délégations dans la mesure où le traité budgétaire entrera en vigueur dès que douze pays de l'Eurozone l'auront ratifié. L'Irlande saura convaincre sa population de l'importance de dire 'oui', espèrent-elles, d'autant plus qu'une aide financière du fonds de sauvetage permanent sera conditionnée à la ratification du pacte budgétaire. (MB)

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