Bruxelles, 28/02/2012 (Agence Europe) - Les États membres réunis en Conseil Affaires générales ont recommandé mercredi 28 février d'octroyer à la Serbie le statut de candidat à l'adhésion à l'UE, après des discussions laborieuses. Ce statut devra être confirmé par le Conseil européen de jeudi 1er et vendredi 2 mars. « Ce n'est un secret pour personne, les négociations ont été difficiles et rudes. Je suis heureux que nous soyons en mesure de recommander l'attribution à la Serbie du statut de candidat. Nous avons confirmé que la Serbie a rempli les critères pour l'octroi de ce statut et nous attendons à ce que le Conseil européen en fasse autant», a souligné le ministre danois des Affaires européennes, Nicolai Wammen, précisant que des discussions devraient encore avoir lieu dans les jours à venir pour aplanir toutes les divergences qui demeurent.
Selon des diplomates européens, la Roumanie a bloqué un accord immédiat. Bucarest a fait pression sur la Serbie en réclamant des garanties pour sa minorité présente dans le pays. Environ 35 000 Roumains vivraient en Serbie, mais aussi 40 000 Valaques - considérés par certains comme Roumains et par d'autres comme membres d'une nationalité distincte. Après plus de deux heures de discussions sur le statut, les ministres ont été obligés de faire une pause, a souligné une source diplomatique. Les ministres ont attendu « alors que des contacts de haut niveau ont eu lieu avec Bucarest », a ajouté une autre source. Dans l'après midi, le ministre suédois a fait part de son énervement. Dans un tweet, Carl Bildt a souligné que ce n'est « pas très digne quand les nations soulèvent des questions sans rapport alors que nous essayons de faire avancer la Serbie et le Kosovo ». C'est un « manque d'esprit européen », a-t-il ajouté.
Une déclaration de la Commission, en annexe aux conclusions du Conseil Affaires générales, rappelle d'ailleurs que « le respect et la protection des minorités est un élément important des critères d'adhésion de l'UE » et que la mise en place du cadre juridique et institutionnel pour le respect et la protection des minorités « doit continuer à être amélioré » et que la Commission continuera à suivre de près cela.
Aucune date pour le début des négociations n'a été donnée.
Le Kosovo avance vers l'UE
Les ministres ont aussi « pris note de l'intention de la Commission de lancer une étude de faisabilité pour un accord d'association et de stabilisation entre l'UE et le Kosovo », en précisant que cela se fera « sans préjudice sur la position des États membres sur le statut du Kosovo, ou sur des décisions futures prises par le Conseil ». Cinq pays européens, l'Espagne, la Slovaquie, la Grèce, Chypre et la Roumanie, ne reconnaissent pas l'indépendance du Kosovo. (CG)