Bruxelles, 28/02/2012 (Agence Europe) - La commissaire responsable de la stratégie numérique Neelie Kroes a rappelé aux PDG des plus grands opérateurs télécoms, réunis à Barcelone pour le congrès annuel de la téléphonie mobile les 27 et 28 février, l'importance d'investir dans les réseaux mobiles de nouvelle génération afin de réaliser les objectifs de l'UE en matière de haut débit et rattraper le retard sur les États-Unis, l'Asie et l'Amérique latine. Elle a également parlé du spectre radioélectrique et de la nécessité d'adopter une approche commune pour allouer aux applications sans fil les fréquences nécessaires à leur développement. Enfin, elle a plaidé pour un « marché unique des services de roaming réellement concurrentiel », estimant que les opérateurs n'ont pas assez baissé leurs tarifs à l'étranger.
Pour atteindre l'objectif de donner accès au très haut débit (plus de 100 Mb par seconde) à au moins 50% de la population d'ici 2020, il faut miser sur un mélange de plusieurs technologies complémentaires, déployées de manière progressive et adaptées à chaque situation locale, a expliqué Neelie Kroes. En particulier la 'Fiber-to-the-home' (« Fibre jusqu'à la maison »), les réseaux câblés avancés, la 'Fiber-to-the-Cabinet' (« Fibre jusqu'au sous-répartiteur ») et le LTE (Long Term Evolution pour la téléphonie mobile). Conjuguées, ces technologies « aideront à créer un cercle vertueux pour l'offre et la demande », a souligné la commissaire. En matière de spectre radioéléctrique, 1200 MHz de spectre harmonisé devra être libéré d'ici 2015 pour le trafic de données mobiles, « mais à ce stade nous n'avons pas encore identifié d'où proviendra ce spectre complémentaire ». Les discussions ont été entamées il y a quelques semaines à Genève pour mobiliser tout ou partie de la bande des 700 MHz à cette fin, et quelques États membres sont déjà prêts à démobiliser cette bande, a informé la commissaire. « Nous devons commencer à travailler à une approche commune au niveau européen pour assurer une utilisation efficace et cohérente de cette bande en Europe », a-t-elle ajouté.
C'est en matière de tarifs de roaming (itinérance) que le discours de Mme Kroes a irrité. « Nous allons injecter de la concurrence dans le marché du roaming », a-t-elle prévenu, en soulignant vouloir « parvenir à un accord politique ambitieux le mois prochain ». En même temps, la commissaire appelle les opérateurs à investir dans les réseaux de nouvelle génération, estimant que « l'industrie a la confiance pour investir et les incitants pour innover ».
Un avis que ne partagent pas plusieurs haut représentants de l'industrie. Les PDG de Vodafone, Deutsche Telekom, Telefónica et France Telecom-Orange dénoncent une approche trop rigide de la part de la Commission et s'insurgent contre ses interventions pour faire baisser les tarifs de roaming. Pour Vittorio Colao, PDG de Vodafone, la question est de savoir « si l'Europe a besoin d'emplois ou de baisse des prix ». « Nous devrions arrêter cette intervention continue sur les prix et laisser l'industrie réinvestir l'argent », a-t-il déclaré. Soutenu par Franco Bernabe (Telecom Italia), il a menacé Neelie Kroes d'investir hors d'Europe, où la régulation est plus légère. Dans un communiqué, la commissaire répond: « Message à Vittorio et Vodafone: Je vous prends au mot, et je ne réagis pas très bien aux menaces. Je prends le parti du client de Vodafone, et je rappelle à tout le monde que nous voulons donner plus de spectre au secteur mobile, et un plus grand marché. Une concurrence honnête en matière de roaming est un bon échange de procédés, pour ces opportunités. Rappelez-vous, si les consommateurs n'ont plus peur d'utiliser leurs smartphones et leur tablettes lorsqu'ils voyagent en Europe, cela sera également bénéfique pour les opérateurs ». En matière de roaming, il faut parvenir à une solution permanente, où l'utilisateur peut choisir la meilleure offre, comme il choisit actuellement le meilleur réseau sans fil, estime Mme Kroes. (IL)