Bruxelles, 28/02/2012 (Agence Europe) - Dans son rapport 2011, l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), qui examine la situation en matière de contrôle des drogues dans différentes régions du monde, fait part de son inquiétude à plusieurs égards, notamment le lien de cause à effet entre l'exclusion sociale et l'abus de stupéfiants, la commande en ligne de drogues illicites via des cyberpharmacies, ou encore le recours de plus en plus fréquent à des dérivés chimiques non soumis au contrôle international. Cet organisme a pour objectif d'admettre les drogues requises à des fins médicales ou scientifiques et de prévenir le trafic illégal de ces stupéfiants.
L'OICS consacre un important chapitre aux problèmes de drogues qui ont cours dans les communautés fragilisées et qu'il qualifie d'« endémiques ». Dans ces zones où vivent des populations marginalisées, désinvesties par les services sociaux et les systèmes de contrôle et de prévention, le sentiment de cohésion sociale est quasi inexistant. Une situation qui conduit immanquablement à la consommation et au trafic illégaux de stupéfiants. Le rapport énonce une série de recommandations pour affronter ce problème, parmi lesquelles des services de prévention, de traitement et de réadaptation sociale ainsi que la mise en place d'une police de proximité.
Autre préoccupation de l'OICS: l'augmentation de commandes sur Internet de médicaments ou autres stupéfiants par le biais de cyberpharmacies opérant dans l'illégalité. Ces entreprises utilisent les réseaux sociaux pour atteindre un public jeune et ainsi se faire connaître. Le document met en garde contre la dangerosité de ces produits pour la santé publique puisque, selon l'Organisation mondiale de la santé, « plus de la moitié des médicaments provenant de cyberpharmacies illégales sont des contrefaçons ».
L'OICS déplore également le recours aux précurseurs « sur mesure », c'est-à-dire à des dérivés de composants placés sous contrôle international, pour la fabrication illicite de stimulants chimiques de type amphétamine.
Finalement, le rapport fait un tour d'horizon de la situation en matière de contrôle dans les différentes régions du monde. Focus sur l'Europe où l'organisme a décelé une nette hausse de la culture et, dans une moindre mesure, de l'usage illicite du cannabis. L'Albanie et la Serbie restent les principaux pays d'origine du cannabis même si cette drogue douce transite aussi depuis l'Afrique du Nord. Bien que l'usage illégal de cocaïne se soit stabilisé ces dernières années, l'Europe reste le deuxième marché de la cocaïne dans le monde. Le trafic de cocaïne prend racine en Amérique centrale et du Sud, transite par l'Afrique du Nord pour atteindre principalement l'Ukraine et la Fédération de Russie. Par ailleurs, l'augmentation de la consommation illicite d'héroïne et de méthamphétamine en Europe inquiète l'OICS. En 2010, l'organisation a identifié de nouvelles substances, pour la plupart non soumises au contrôle international, auxquelles on n'attribue aucun usage scientifique ou médical. Ce qui complique davantage leur pistage et leur contrôle. (SD/stagiaire)