Bruxelles, 28/02/2012 (Agence Europe) - L'élargissement de l'espace Schengen à la Bulgarie et à la Roumanie devrait à nouveau être discuté lors de la réunion des chefs d'État ou de gouvernement de l'UE, jeudi 1er et vendredi 2 mars, mais le débat ne devrait pas, sauf surprise, accoucher de bonnes nouvelles pour Sofia et Bucarest, à cause du veto néerlandais.
Les Vingt-sept prévoyaient ces derniers jours un chapitre dédié au sujet dans les conclusions du Conseil européen mais, à moins d'un revirement des Pays-Bas, ce chapitre devrait se limiter à rappeler l'engagement des États membres à régler le dossier au plus vite. En décembre dernier, ils s'étaient déjà engagés à parvenir à une solution dès que possible (et si possible au Conseil de mars), solution qui semblait encore improbable à deux jours de cette réunion.
Les Pays-Bas, avec la Finlande, dont la position a changé depuis, s'étaient opposés en septembre dernier au compromis de la présidence polonaise suggérant une entrée en deux phases de ces deux pays, une première à la fin mars 2012 et une seconde en juillet de la même année. Mais la décision est subordonnée aux efforts que les deux candidats entreprennent en matière de lutte contre la corruption et de réformes judiciaires, réformes qu'évalue la Commission dans son rapport MCV (Mécanisme de coopération et vérification). Et les Pays-Bas souhaitent attendre, comme ils le disent depuis déjà des mois, le rapport MCV qui sera publié en juillet pour se prononcer sur cet élargissement. Un premier rapport intérimaire, publié en février, n'a pas été non plus jugé suffisant par le gouvernement néerlandais, notamment en ce qu'il s'avérait plus positif pour la Roumanie que pour la Bulgarie.
Les deux pays devaient initialement rejoindre l'espace de libre circulation en mars 2011, avant qu'une série de pays membres, dont l'Allemagne et la France, n'émettent le souhait de lier un peu plus leur décision aux résultats des rapports CVM de la Commission. La France et l'Allemagne ont depuis soutenu la dernière idée d'une accession en deux phases, tout comme la Finlande, les Pays-Bas restant ainsi le dernier pays à convaincre. Pour une source, dans ce contexte, c'est donc à eux « d'apporter la formule » pour pouvoir débloquer le dossier car on ne « va pas changer un compromis jugé bon par tout le monde pour un seul pays », dit cette source, qui plus est pour un gouvernement dont les mains sont liées par son allié nationaliste, le parti PVV de Geert Wilders. (SP)