Bruxelles, 26/01/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a contesté jeudi 26 janvier les arguments avancés par le Premier ministre britannique à Davos pour rejeter la proposition sur la taxe sur les transactions financières dans l'UE. David Cameron a argué d'estimations faites par la Commission européenne elle-même pour démontrer l'impact économique désastreux à ses yeux du projet. Selon le Premier ministre britannique, la Commission a évalué à 500 000 le nombre d'emplois qui seraient perdus et à quelque 200 milliards d'euros la réduction du produit intérieur brut (PIB) induite pour l'Union européenne.
« De tels chiffres ne sont certainement ceux que la Commission entend soutenir », a indiqué à l'AFP la porte-parole de la Commission pour les questions de fiscalité, Emer Traynor, estimant que l'étude mentionnée par David Cameron avait été « complètement sortie de son contexte ». « Si l'on veut évaluer l'impact de la taxe sur les transactions financières de manière équilibrée il faut aussi prendre en compte l'impact sur la croissance et l'emploi des nouveaux revenus » créés par la taxe, évalués par la Commission à environ 57 milliards d'euros par an, a-t-elle dit. « Et donc si les revenus sont recyclés de manière intelligente dans l'économie il n'y aura aucun impact négatif sur la croissance et l'emploi », a jugé la porte-parole. Elle a estimé qu'en période d'austérité la taxe sur les transactions financières offrait une alternative intéressante pour récolter des recettes supplémentaires, avec un impact limité sur le secteur bancaire et à ses yeux aucun risque de délocalisation des activités financières. (LC)