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Bulletin Quotidien Europe N° 10540
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Asile et migrations, la solidarité se gagne, disent les États membres

Bruxelles, 26/01/2012 (Agence Europe) - Oui à la solidarité en matière d'asile entre les 27 mais à condition de mettre d'abord de l'ordre chez soi. C'est dans cet esprit que se sont tenues à Copenhague les discussions des ministres de l'Intérieur des 27, qui avaient à leur menu un vaste débat sur les flux migratoires et la solidarité dans l'UE. Ce débat portait notamment sur les moyens nouveaux que sont prêts à consentir les 'gros' États membres aux plus petits, comme Malte ou la Grèce, débordés par les demandes d'asile, comme de nouvelles aides financières, des programmes de relocation des réfugiés et une révision du règlement de Dublin, l'une des pierres angulaires du paquet asile que les 27 se sont engagés à finaliser d'ici à 2012.

Sur les moyens, ces États peuvent déjà compter sur des missions du Bureau d'appui en matière d'asile ou de l'agence Frontex. Les programmes financiers consacrés à la gestion des flux migratoires devraient eux-aussi être revus à la hausse, lors du prochain cadre financier 2014-2020, comme l'a demandé la Commission, mais aucune percée n'a été constatée sur la révision du règlement de Dublin, explique une source. Les États membres ont réaffirmé leur total désaccord avec la proposition de la Commission d'introduire une clause de suspension des transferts des demandeurs d'asile, logiquement renvoyés, en vertu de Dublin, vers le premier pays de l'UE par lequel ils sont arrivés. La majorité des pays (comme la France ou de l'Allemagne) préfère le mécanisme d'alerte rapide, qui permettra de détecter en amont les difficultés de tel ou tel pays dans la gestion des demandes d'asile et de lui apporter préventivement une aide technique ou financière. L'idée d'une clause de suspension dans Dublin avait d'ailleurs déjà été quasiment gommée des discussions du Conseil en décembre dernier. La Commission en a également intégré l'idée, en choisissant ainsi le 2 décembre dans une communication de ne plus faire référence à cet outil et le remplaçant à son tour par le mécanisme d'alerte.

Sur la réinstallation/relocation des réfugiés dans divers pays de l'UE, les États membres ont dit à la Commission leur peu d'intérêt pour un programme européen structuré et…contraignant. « Les États veulent pouvoir continuer à agir quand il y a des crises » et faire preuve de solidarité comme cela a été le cas avec Malte en 2011 mais ne veulent pas y être obligés. Les « grands pays » estiment aussi faire leur part de travail en matière d'asile et souhaiteraient que d'autres fassent de même, en commençant par remédier aux lacunes de leurs régimes d'asile. « Il y a des fonds disponibles mais qui ne sont pas ou ne peuvent pas être utilisés par ceux qui les reçoivent, c'est un vrai problème », dit une source. La Grèce est pointée du doigt. Jeudi à Copenhague, le secrétaire d'État allemand aux Affaires intérieures, Ole Schröder, a demandé à Athènes de prendre ses responsabilités et de mettre son régime enfin en conformité avec les normes européennes avant de « réclamer un partage du fardeau ». (SP)

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