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Bulletin Quotidien Europe N° 10540
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SOCIAL - ÉDUCATION - CULTURE / (ae) social

Les syndicats fustigent le nouveau pacte budgétaire

Bruxelles, 26/01/2012 (Agence Europe) - Les syndicats européens ont appelé mercredi 25 janvier à la « mobilisation générale » contre le projet de nouveau pacte budgétaire (accord intergouvernemental à 26 pays) accusé d' « institutionnaliser l'austérité ». Face à une situation économique et sociale qui se dégrade et avec le durcissement de l'austérité comme seule réponse de la part des dirigeants européens, la Confédération européenne des syndicats (CES) a appelé à une journée d'action européenne le 29 février, à la veille du Conseil européen. Les syndicats européens se mobiliseront partout en Europe pour que le travail et la justice sociale soient au centre des priorités politiques.

« Il faut que les gouvernements se réveillent: leurs politiques de rigueur ne permettront pas à l'Europe de sortir du tunnel », a lancé Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), qui représente 84 organisations du continent. Selon elle, c'est une politique de relance par l'investissement qui doit être privilégiée. Elle a préconisé, pour sortir de cette crise: une intervention de la Banque centrale européenne (BCE), des euro-obligations, une taxe sur les transactions financières, l'arrêt de l'évasion fiscale, une harmonisation de l'impôt sur les sociétés et des règles sociales qui protègent les travailleurs. Une journée d'action européenne sera organisée le 29 février autour du slogan « Trop c'est trop ». Le lendemain 1er mars, le Conseil européen devra se réunir à Bruxelles pour signer le traité visant à renforcer la discipline budgétaire au sein de l'UE. Ce projet « fait l'unanimité des syndicats contre lui », a affirmé Brendan Barber, secrétaire général du puissant syndicat britannique TUC. « Au lieu de stimuler la croissance, il nous enferme durablement dans une politique d'austérité et, au-delà, va priver les citoyens des droits de choisir une autre politique », accuse-t-il.

Les syndicats craignent « un véritable retour en arrière pour l'Europe sociale ». « Ce traité n'est pas le fruit d'un processus démocratique. Il est préparé à la va-vite derrière les murs de quelques salles bruxelloises », dénonce Mme Ségol.

Pour Claude Rolin, patron du syndicat chrétien modéré belge CSC, le traité « va avoir de fortes implications sociales », notamment en « rendant toute négociation plus difficile car on nous imposera toujours la contrainte des intangibles règles budgétaires européennes ».

Représentant plusieurs syndicats français à Bruxelles, le leader de la CGT, Bernard Thibault, a souligné que « le nombre de mouvements sociaux avait fortement augmenté au cours des six derniers mois » dans les « pays les plus touchés par la crise », comme la Grèce, mais aussi dans les autres. Il a averti que « l'institutionnalisation de l'austérité » était en train de « provoquer le rejet de l'Europe et la montée des mouvements nationalistes ».

Après sa rencontre avec les présidents des partis politiques européens, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a renouvelé son soutien fort aux principes fondamentaux de l'intégrité de l'Union européenne, du respect des traités et de la méthode communautaire. « La nécessité de faire preuve, plus que jamais en ces temps exigeants, de solidarité et d'équité a également été réaffirmée. Les sacrifices demandés doivent être mieux répartis, la justice sociale est un élément clef pour sortir de la crise par le haut », a dit M. Barroso. (LC)

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