Bruxelles, 27/10/2011 (Agence Europe) - Le président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l'Irak, le Britannique Struan Stevenson (ECR), a demandé mercredi 26 octobre à Strasbourg l'ajournement de l'évacuation prévue pour le 31 décembre du camp d'Achraf, en Irak, où se trouvent plus de 3400 opposants iraniens. Selon lui, ce projet de fermeture pourrait servir de prétexte pour « un massacre à grande échelle pour complaire à l'Iran ». « Une bataille se prépare autour du camp d'Achraf en vue de supprimer physiquement ses occupants », a-t-il expliqué, évoquant le risque d'un « massacre à la Srebenica ».
Mercredi, 120 députés européens de tous les groupes politiques ont signé une déclaration demandant « instamment » à la Haute représentante de l'UE Catherine Ashton, aux États membres, aux États-Unis et à l'ONU de faire pression sur le gouvernement irakien pour qu'il renonce à la fermeture du camp. M. Stevenson a appelé la communauté internationale à agir « avant qu'il ne soit trop tard ».
La Commission européenne suit de prêt cette question. Le Représentant spécial de l'UE pour le camp d'Achraf, Jean de Ruyt, poursuit des discussions approfondies avec les Nations unies afin d'évaluer comment l'UE pourrait soutenir le processus lancé récemment par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR). Celui-ci a déclaré que les personnes résidant dans le camp sont des « demandeurs d'asile » qui doivent bénéficier d'une protection internationale.
M. Stevenson a souligné que des pays occidentaux, dont l'UE, sont prêts à accueillir les résidants du camp mais ; selon lui, le processus est bloqué « délibérément » par « des obstacles mis en place par le Premier ministre irakien lui-même, à cause de pressions venues d'Iran ».
« Il y a des raisons d'espérer que le processus lancé par le HCR conduise à une résolution ordonnée des défis complexes posés par le camp, dans le plein respect des droits de l'Homme et du droit humanitaire international », a souligné de son coté la porte parole de la Haute représentante, Maja Kocijancic, rappelant que cela ne sera possible qu'avec la collaboration du gouvernement irakien. (CG)