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Bulletin Quotidien Europe N° 10484
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) pe/sommet de la zone euro

Les eurodéputés assez satisfaits après le Sommet

Bruxelles, 27/10/2011 (Agence Europe) - Les parlementaires européens ont dans l'ensemble salué les décisions importantes prises jeudi 27 octobre au matin par les dirigeants de l'UE pour apporter une réponse à la crise de la dette souveraine. Le groupe du PPE a estimé que la voie d'une sortie de la crise se dessine, le chef de file du groupe socialiste et démocrate a constaté que les décisions prises « marquent un progrès » sans toutefois apporter toutes les solutions à la crise. Le groupe ADLE s'est dit soulagé et les verts se sont montrés plus septiques sur les avancées réelles.

La nuit dernière, a déclaré d'emblée Herman an Rompuy, le président du Conseil européen, représente un « pas politique crucial qui exige un follow-up technique », en précisant: « S'ils voient une direction claire et notre détermination, les marchés vont nous donner le temps d'agir ». Des décisions importantes ont été prises en ce qui concerne une solution durable pour la dette grecque, le retour de la confiance, dans le secteur bancaire, la consolidation budgétaire des pays qui doivent effectuer des réformes. Ce paquet cohérent est le résultat d'un processus qui a duré un an, un paquet où la stimulation de la croissance doit, souligne M. Van Rompuy, avoir un rôle essentiel. C'est la pression des institutions, des « pairs » et des marchés qui va assurer le succès de ce paquet. En ce qui concerne les pays membres de la zone euro, il remarque qu'il est parfaitement naturel que les pays qui partagent une devise prennent des décisions ensemble, mais « la zone euro n'est pas une dérogation à l'Union européenne ; elle en fait partie… la dérogation ce sont les autres ». Cependant il est « vital de préserver l'unité du marché unique, donc ces deux configurations doivent être maintenues aussi proches que possible, dans un esprit de confiance ». Les institutions reviendront en décembre sur la possibilité de changements « limités » des traités, en discutant « sur le quoi avant de parler du comment…, de l'objectif avant des instruments juridiques ». On nous reproche parfois de faire trop peu trop lentement, mais, contrairement aux marchés, les institutions ne peuvent pas bouger à la vitesse du clic d'une puce ». La réalisation des réformes a besoin de temps, en impliquant tout le monde, a conclu le président du Conseil européen.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a annoncé les nouvelles compétences d'Olli Rehn, qui deviendra vice-président de la Commission responsable des affaires économiques et de l'euro. Il s'est félicité des résultats du Conseil européen en ce qui concerne la Grèce, le levier du FESF et le mesures permettant d'améliorer la confiance dans les banques, ainsi que des mesures annoncées par l'Italie, qui « devront être impérativement appliquées ». Ces décisions constituent une plateforme permettant de faire des propositions sur la voie d'une meilleure gouvernance économique. La Commission va présenter un paquet comprenant des règlements de codécision sur le FESF, sur la surveillance budgétaire et une communication sur la représentation extérieure de l'euro. Elle proposera aussi une aide alimentaire aux personnes les plus démunies de l'UE. Quant aux possibles révisions du traité, elles devront se faire avec la pleine participation du Parlement: elles ne sont pas une solution immédiate à la crise mais peuvent contribuer à éviter de nouvelles crises. Ainsi, l'Union ira bien aguerrie au G-20 de Cannes, a dit M. Barroso.

« La voie d'une sortie de la crise se dessine », a constaté le président du groupe PPE, Joseph Daul, tout en admettant qu'il faut faire plus. « Les chefs d'État et de gouvernement ont-ils su dissiper les doutes et les inquiétudes, non seulement des marchés, de nos partenaires internationaux, mais aussi et surtout, de nos concitoyens ? Sur le court terme, sans aucun doute. Sur le moyen et le long terme, un travail de consolidation est encore nécessaire », a déclaré M. Daul. Le but du projet européen n'est pas de mettre quiconque sous tutelle, a-t-il ajouté en s'adressant à ceux qui protestent, mais les règles doivent être respectées, et les mesures « annoncées et signées dans des lettres » doivent être appliquées. Et il faut aller plus loin sur la voie de l'intégration fiscale et sociale.

Avec le président du groupe S&D, l'Allemand Martin Schultz, le ton a changé: le Conseil européen a mis en route un processus, mais ce n'est pas encore la solution. Pourquoi n'a-t-on pas pu décider de ces mesures il y un an ? On n'en serait pas où on se trouve maintenant…Qu'en est-il de l'union économique et européenne prévue à l'article 3 du traite ? On se trouve, pour M. Schulz, bel et bien devant une crise institutionnelle: il exhorte Conseil et Commission à engager complètement le président du Parlement dans leurs réflexions. Sans Parlement, il n'y aura pas de modification du traité, martèle-t-il: pourquoi donc le Parlement européen n'est-il même pas cité dans les conclusions du Conseil européen ?

« Je suis soulagé », a déclaré le président du groupe ALDE, le Belge Guy Verhofstad: nous commençons enfin à mettre en place une approche globale pour stabiliser l'euro. Deux choses sont cruciales dans les semaines à venir: le pare-feu doit être crédible (M. Verhofstadt réclame des chiffres sur la garantie pour assurer cette crédibilité) et il faut jeter les bases d'une véritable union économique et budgétaire, donc il faut que la Commission présente le plus rapidement possible le Livre vert sur les 'stability bonds'. En saluant la « promotion » d'Olli Rehn, M. Verhofstadt a souhaité qu'il puisse participer aux réunions des ministres des Finances de la zone euro. En terminant avec un appel au Royaume-Uni: si elle veut avoir une influence sur les décisions, qu'elle entre dans la zone euro…

Le Tchèque Jan Zahradil, au nom du groupe CRE, considère quant à lui que le paquet de décisions ne sert qu'à gagner du temps, et que l'on se trouve face à la perspective d'un transfert budgétaire massif qui va créer des coûts insoutenables à long terme et compromettre la réalisation du marché unique. J'ai l'impression, remarque-t-il, que la zone euro ne sert pas l'intérêt de tous ses membres mais seulement de certains d'entre eux.

La co-présidente du groupe des Verts/ALE, l'Allemande Rebecca Harms, est elle aussi sceptique sur les résultats du Conseil européen: elle craint que la recapitalisation soit très lente et que des cas comme celui de Dexia vont encore se produire. Quant au levier, elle s'étonne de la confiance du Conseil sur la capacité et la volonté des marchés d'utiliser ce levier de façon constructive. La conjoncture est mauvaise en Europe, constate Mme Harms, y compris en Allemagne, les perspectives d'une croissance durable sont faibles, la fin de l'austérité n'est donc pas en vue. Mme Harms dénonce aussi l'absence de transparence des sommets de la zone euro..

Au nom du groupe de la GUE/gauche nordique, l'Allemand Lothar Bisky est lui aussi sévère sur les résultats du Conseil européen, malgré le signal positif en ce qui concerne la Grèce. La confiance des citoyens ne peut être rétablie si facilement et quant au levier, même s'il permettra de mobiliser davantage de ressources financières, quel sera le prix à payer ? Pour ce groupe, le sommet a épargné les spéculateurs.

C'est la qualité de la gouvernance qui permettra de rétablir la confiance des investisseurs, a constaté enfin, au nom du groupe EFD, le Néerlandais Bastiaan Belder. L'optimisme en ce qui concerne le programme de privatisation de la Grèce lui semble en outre exagéré.

La délégation socialiste française au Parlement européen considère que les européens ont pris des mesures qui s'imposaient. Catherine Trautmann a dit que l'accord a le mérite d'exister « car nous pouvions craindre un nouvel échec ». Mais force est de constater que la droite européenne « souhaite mettre en œuvre le 'pacte euro plus' qui vise à repousser l'âge de départ à la retraite à 67 ans, flexibiliser le marché de l'emploi en remettant en cause le droit du travail et enfin permettre à la Commission européenne de passer outre la délibération démocratique des parlements nationaux en amendant directement les textes budgétaires préparés par les États membres », a-t-elle dit.

Selon Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, s'est félicité des décisions prises. Selon lui, les mesures convenues au Conseil européen « inspirent l'espoir que la crise de la dette souveraine sera contenue et qu'une nouvelle récession sera évitée ». (LG)

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