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Bulletin Quotidien Europe N° 10352
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/tunisie

Visite sans résultats de Silvio Berlusconi à Tunis

Bruxelles, 05/04/2011 (Agence Europe) - Le sort des migrants illégaux tunisiens débarqués à Lampedusa, et dont une partie a été transférée dans d'autres zones du territoire italien, semble constituer un sujet de friction entre Rome et Tunis au point que la visite, lundi, en Tunisie, du chef du gouvernement italien n'a pas abouti à l'accord escompté (lire notre bulletin d'hier). Silvio Berlusconi a évité de répondre aux questions de la presse à l'issue de son entretien avec le Premier ministre ad intérim tunisien, Beji Caïd Essebsi. Il s'est borné à faire une déclaration selon laquelle son ministre de l'Intérieur serait de retour rapidement à Tunis pour relancer les négociations sur la réadmission de ces migrants et l'offre d'une coopération substantielle à la Tunisie. Il a annoncé à cette occasion qu'une « commission technique des ministères de l'Intérieur tunisien et italien » poursuivra « l'examen approfondi » du dossier. Le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, est attendu dès mardi, selon les médias tunisiens.

M. Berlusconi a opté pour un ton apaisant après les récentes polémiques qui ont suivi la visite dans la capitale tunisienne de MM. Frattini et Maroni il y a une semaine. « Nous comprenons ces jeunes qui étaient privés de démocratie, de liberté et de bien-être social, et qui décident d'immigrer en Europe, considérée comme l'Eldorado par les gens du Sud en quête d'une nouvelle vie », a souligné M. Berlusconi. Mais a-t-il fait valoir, la « petite » île de Lampedusa (point de chute des immigrés), qui compte aujourd'hui 5000 habitants et 6000 immigrés clandestins, connaît de grandes difficultés générées par ce « tsunami humain ». « 800 nouveaux clandestins sont arrivés cette nuit, il est aujourd'hui urgent de parvenir à une solution », a-t-il soutenu. L'Italie est disposée, a-t-il dit, selon les médias locaux, à apporter son aide pour assurer un « contrôle efficace » en terre et en mer qui permette aux autorités tunisiennes de « renforcer le contrôle » de leurs côtes. Cela se fera de
« manière absolument civilisée », a assuré le Cavaliere, indiquant par ailleurs qu'un sommet italo-français réunissant les ministres de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de l'Économie des deux pays est prévu cette semaine pour examiner les appuis économiques à accorder à la Tunisie laquelle « souffre d'un problème similaire » à cause de l'afflux massif de réfugiés fuyant les violences en Libye.

Par ailleurs, un collectif d'ONG a dénoncé, lundi à Tunis, les conditions « inhumaines et humiliantes » des émigrés clandestins tunisiens, bloqués à Lampedusa. Actives dans la défense des droits sociaux et humains, dont la Ligue tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH) et la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) ont appelé les autorités tunisiennes à refuser toutes pressions propres à les amener à prendre des mesures contraires aux conventions internationales en matière de droits humains et de droits des émigrés. « La Tunisie doit refuser tout rapatriement massif des émigrés clandestins et toutes exigences italiennes pour un contrôle policier de l'émigration qui ne peut s'appliquer que dans le cadre de régimes policiers dictatoriaux », Omeyya Naoufel Seddik, représentant de la FTCR, a estimé: « Si l'Europe est réellement un partenaire de la Tunisie, elle doit soutenir le processus démocratique dans le pays et ne pas dresser d'obstacles », a-t-il encore estimé, considérant comme étant « un chantage » les positions de l'Italie et de la France qui ont conditionné l'octroi à la Tunisie du statut de partenaire avancé par l'adoption d'une « politique coercitive en matière d'émigration ». (F.B.)

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