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Bulletin Quotidien Europe N° 10352
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/nuclÉaire

Sortie envisagée par le S&D, moratoire pour l'ADLE

Strasbourg, 05/04/2011 (Agence Europe) - À la veille d'un débat, qui sera suivi d'une résolution du Parlement européen, sur les leçons à tirer de l'accident nucléaire toujours en cours à la centrale de Fukushima Daichi et consécutif au tsunami qui a dévasté le Japon le 11 mars, les chefs des groupes politiques ont donné un avant-goût à la presse, mardi 5 avril, du positionnement de chacun sur l'avenir du nucléaire en Europe.

Ainsi, le président du groupe des sociaux-démocrates (S&D) Martin Schulz s'est prononcé en faveur d'un désengagement progressif du nucléaire, tout en demandant d'accroître la sécurité des centrales actuellement en fonctionnement. « À mon sens, la Commission européenne doit reconnaître que l'ère nucléaire va vers sa fin. Je comprends bien que ce n'est pas demain qu'on sortira du nucléaire. Mais il faut faire en sorte qu'en utilisant d'autres formes d'énergie, comme le solaire, et en insistant sur l'efficacité énergétique pour réduire les besoins, on commence à en sortir », a expliqué le député allemand, précisant avoir « toujours été un opposant » à l'atome « même si un usage responsable du nucléaire civil peut se défendre ». M. Schulz a aussi souligné la nécessité d'investir dans la R&D pour accroître la sûreté des centrales qui alimentent encore le réseau. Le projet de résolution du groupe S&D demande aux États membres de l'UE de « préparer une éventuelle stratégie en vue d'une sortie à moyen ou long terme de l'énergie nucléaire ».

Le chef de file des libéraux (ADLE), Guy Verhofstadt, a indiqué de son côté que son groupe s'était accordé lundi sur l'idée d'un moratoire sur la construction de nouvelles installations nucléaires, dans l'attente des résultats des tests de résistance auxquels devront être soumis les 143 réacteurs en activité dans l'UE d'ici la fin de l'année, conformément à la demande du Conseil européen du 25 mars.

Du côté des conservateurs (PPE), Corien Wortmann-Kool a confirmé l'engagement de son groupe en faveur du recours au nucléaire. « C'est indispensable », a expliqué la députée néerlandaise, insistant toutefois sur la « nécessité de revoir les normes de sûreté ». « Les images que nous voyons chaque jour n'améliorent pas la confiance de nos citoyens », a ajouté Mme Wortmann-Kool, appelant à « être ambitieux » sur les stress tests, qui « devront être réalisés de manière indépendante et coordonnée », sous le contrôle de la Commission, et dont les résultats devront être dévoilés « en toute transparence ». Si une centrale en activité ou en construction échoue aux stress tests, « il faudra prévoir une suspension temporaire ou une fermeture » pour la première, « l'arrêt des planifications » pour la seconde, a-t-elle précisé.

Le co-président français des Verts, Daniel Cohn-Bendit, s'est quant à lui borné à rappeler que « la sortie du nucléaire est la meilleure sécurité nucléaire », l'énergie atomique ne s'accompagnant « pas [d'un] risque zéro », pendant que sa collègue allemande Rebecca Harms dressait une liste inquiétante des accidents survenus depuis 30 ans dans des centrales de l'UE où, comme au Japon, le cœur des réacteurs s'est trouvé proche de la fusion. (E.H.)

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