Bruxelles, 05/04/2011 (Agence Europe) - Les eurodéputés ont adopté mardi 5 avril le rapport d'initiative de Fiorello Provera (EFD, italien) portant sur les flux migratoires liés aux instabilités et au rôle de la politique étrangère de l'UE. Un rapport dans lequel ils demandent notamment au Conseil de mettre au point un plan d'action pour la réinstallation des réfugiés en Europe, d'activer la clause de solidarité en matière d'asile et d'immigration prévue à l'article 80 du Traité et d'apporter une aide aux personnes déplacées en vertu de la directive sur la protection temporaire en cas d'afflux massif de réfugiés (directive 2001/55), jamais utilisée.
Les députés se sont emparés des récents bouleversements en Afrique du Nord qui ont conduit d'une part au déplacement de plus de 400 000 personnes dans la région mais aussi à l'arrivée, sur l'île italienne de Lampedusa, de plus de 20 000 migrants en quelques semaines, venant pour la plupart de Tunisie. Et selon les députés, Frontex ne peut plus « constituer l'unique instrument pour aider Lampedusa à affronter la crise de l'immigration ».
La commissaire aux Affaires intérieures s'est aussi dite lundi soir favorable à l'activation de la directive 2001/55 et travaille au corps les États membres pour qu'ils accueillent un certain nombre de personnes réfugiées venant de Libye et bénéficiant de la protection internationale. Deux sujets qui seront abordés lors du Conseil des ministres de l'Intérieur le 11 avril prochain mais « il n'y a pas de majorité qualifiée au Conseil » pour le moment pour activer cette directive, a cependant prévenu Mme Malmström à Strasbourg. Qui a également rappelé le besoin de parvenir, toujours au Conseil, à la création d'un programme de réinstallation de l'UE, comme de finaliser d'ici à la fin de l'année le paquet « Asile ».
Dans leur rapport, les députés ont également demandé à ce que la suspension du programme de coopération UE-Libye sur les migrations soit « levée dès la mise en place d'un nouveau gouvernement de transition prêt à promouvoir la démocratie et les droits de l'homme conformément à la mise en œuvre de l'accord ». Des accords similaires sur les migrations devraient être conclus avec d'autres pays voisins de l'UE, ont encore estimé les députés. Des options qu'étudie là aussi la Commission, qui s'est rendue récemment en Tunisie et en Égypte pour aborder la gestion future des migrations ainsi que des partenariats de mobilité, c'est-à-dire une immigration légale.
Mais le rapport adopté se veut également plus large. Rappelant que l'instabilité politique, les problèmes économiques ou encore l'absence de libertés civiques sont certaines des causes favorisant l'émigration, le PE a également demandé des mesures pour lutter contre le chômage dans les pays d'origine et de transit des migrants. À long terme, ont dit les députés, « la seule mesure efficace pour empêcher des vagues massives de migrants issus de régions instables est de créer des emplois et d'améliorer les conditions de vie dans les pays d'origine et de transit ».
La politique étrangère de l'UE devrait quant à elle compléter les politiques européennes de migration, les députés proposant que les fonds européens visent dans les pays d'origine et de transit des projets à long terme qui « créent de l'emploi, encouragent les PME, mettent sur pied des entreprises de microcrédit, octroient des responsabilités aux femmes et aux groupes minoritaires et optimisent le développement économique local ».
Enfin, dans le cadre de la préparation des nouveaux instruments d'actions extérieures pour l'après 2013, les députés ont également demandé à la Commission de prévoir « l'octroi rapide de fonds d'urgence et de réhabilitation ». Cela constituerait une réponse « rapide pour apporter aide et assistance aux migrants en situation de détresse et notamment à ceux qui se trouvent dans une situation particulièrement vulnérable, comme les femmes et les mineurs non accompagnés », ont encore estimé les députés. (S.P.)