Bruxelles, 28/02/2011 (Agence Europe) - Il reste dix jours aux pays de la zone euro pour mettre sur pied le 'Pacte pour la compétitivité' exigé par l'Allemagne et la France pour apporter une réponse exhaustive à la crise de la dette souveraine dans la zone euro. Ce plan d'action, qui comprendra des mesures liées à la surveillance budgétaire, à l'emploi et aux réformes structurelles, devrait être validé vendredi 11 mars par l'Eurozone puis entériné à la fin du mois par les Vingt-sept. Il est en effet demandé aux pays les plus en difficulté de faire un saut qualitatif sur le plan de la compétitivité, en tant que contrepartie d'un effort supplémentaire de solidarité demandé aux pays de la zone euro les moins touchés par cette crise.
Lors d'une réunion à Bruxelles lundi 28 février, les proches conseillers des présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy et de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso ont soumis aux pays de l'Eurozone un projet remanié de 'Pacte pour la compétitivité'. Conformément au mandat que leur a transmis le Conseil européen début février (EUROPE n° 10309), les deux institutions mènent en effet ensemble leurs consultations auprès des délégations nationales pour déboucher sur des propositions communes.
Selon le projet dévoilé par le Financial Times, MM. Van Rompuy et Barroso reprennent à leur compte certaines suggestions venues d'Allemagne, telles que la création de dispositifs légaux permettant de limiter le niveau de l'endettement public. Berlin a ancré son dispositif dans sa constitution, la France y travaille. Le projet « Van Rompuy/Barroso » n'en ferait pas une obligation. En lieu et place d'une suppression pure et simple des régimes d'indexation des salaires sur l'inflation, en vigueur notamment en Belgique et au Luxembourg, ou de l'instauration d'un lien entre l'âge du départ à la retraite et l'augmentation de l'espérance de vie, il serait proposé de mettre en place un système de suivi basé sur des indicateurs chiffrés.
Afin de rassurer les pays non membres de l'Eurozone mais ayant vocation à y adhérer, comme la Pologne qui refuse l'apparition d'une nouvelle Europe à deux vitesses (EUROPE n° 10324), tous les États membres pourraient s'ils le désirent entrer dans le 'Pacte pour la compétitivité'. La Commission européenne jouerait également un rôle accru à travers l'évaluation des efforts et des progrès réalisés. Une manière de rassurer les « petits » pays et le Parlement européen attachés à la méthode communautaire contre ce qui est perçu comme la tentation des deux plus grandes économies de la zone euro d'imposer leurs vues. La chancelière Angela Merkel insiste pourtant sur le caractère intergouvernemental du pacte européen.
Ce vendredi 4 mars, les deux plus grandes familles politiques européennes se retrouveront, chacune de son côté, pour affûter leurs armes à une semaine du troisième Sommet de l'Eurozone. Ils cogiteront sur le 'Pacte pour la compétitivité' dans deux capitales européennes diamétralement opposées, aussi bien géographiquement que sur le plan des politiques menées. Les leaders du Parti populaire européen se rendront à Helsinki, capitale d'un pays vertueux de la zone euro, alors que leurs homologues du Parti socialiste européen se réuniront à Athènes, capitale du premier pays de la zone ayant fait appel à une aide financière internationale.
La Commission présente, ce mardi, ses prévisions économiques intérimaires pour sept pays (Allemagne, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni) représentant 80% du PIB européen. Aucun chiffre actualisé en matière de croissance, de déficit ou de dette ne sera par contre dévoilé pour la Grèce, l'Irlande ni le Portugal. À noter que, signe de tensions continues sur les marchés, les coûts d'emprunt à dix ans pour Lisbonne dépassent 7% depuis plus de trois semaines. Une durée supérieure aux précédents records établis par Athènes et Dublin, qui bénéficient déjà d'une aide financière internationale. (M.B.)