Bruxelles 28/02/2011 (Agence Europe) - Le président français Nicolas Sarkozy, initiateur de l'Union pour la Méditerranée (UpM), a appelé dimanche 27 février à une « refondation » de cette institution commune créée en juillet 2008 mais qui n'est pas parvenue à prendre son envol, victime à la fois du contexte proche-oriental d'une absence de visibilité dans ses structures et dans ses objectifs, d'un manque de moyens et d'une stratégie encore en définition.
« Le moment est venu de refonder cette Union à la lumière des événements considérables que nous vivons », affirme le chef de l'État indiquant que « la France fera des propositions en ce sens à ses partenaires ». Il puise dans la crise qui secoue le monde arabe une justification plus forte en faveur d'une Union pour la Méditerranée qui n'a bénéficié que d'une faible volonté européenne et a souffert d'une totale absence d'initiative des pays de la rive sud. Ces « révolutions arabes ouvrent une ère nouvelle dans nos relations avec ces pays dont nous sommes si proches par l'histoire et par la géographie ». L'Europe ne doit pas « avoir peur (…) de ce changement historique » car il « porte en lui une formidable espérance car il s'est accompli au nom des valeurs qui nous sont les plus chères » et, a-t-il dit: « Nous ne devons avoir qu'un seul but: accompagner, soutenir, aider les peuples qui ont choisi d'être libres. Entre l'ingérence qui ne serait pas acceptée et l'indifférence qui serait une faute morale et stratégique, il nous faut tout faire pour que l'espérance qui vient de naître ne meure pas car le sort de ces mouvements est encore incertain. Si toutes les bonnes volontés ne s'unissent pas pour les faire réussir, ils peuvent aussi bien sombrer dans la violence et déboucher sur des dictatures pires encore que les précédentes ». Et, parmi les conséquences si l'expérience échoue, il y aura « de telles tragédies sur des flux migratoires devenus incontrôlables et sur le terrorisme. C'est toute l'Europe alors qui serait en première ligne. »
M. Sarkozy, constate: « À peine la plus grave crise économique et financière depuis la deuxième guerre mondiale semble-t-elle s'estomper, à peine l'Europe a-t-elle dominé la crise de l'euro que, de l'autre côté de la Méditerranée, se produit un immense bouleversement. Certains peuples arabes prennent leur destin en main, renversant des régimes qui, après avoir été, au temps de la décolonisation, les instruments de leur émancipation avaient fini par devenir ceux de leur servitude. (…) Nous avons donc le devoir d'agir avec une ambition qui soit à la dimension des événements historiques que nous vivons. C'est pourquoi la France a demandé que le Conseil européen se réunisse pour que l'Europe adopte une stratégie commune face à la crise libyenne dont les conséquences pourraient être très lourdes pour la stabilité de toute la région. » De même « l'Europe doit se doter sans tarder de nouveaux outils pour promouvoir l'éducation et la formation de la jeunesse de ces pays du Sud de la Méditerranée, imaginer une politique économique et commerciale pour favoriser la croissance de ces jeunes démocraties qui veulent naître ». (F.B.)