Bruxelles, 28/02/2011 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Énergie ont validé, lundi 28 février, la stratégie décennale 2011-2020 présentée début novembre par la Commission européenne. Dans des conclusions qui complètent celles du Conseil européen du 4 février et seront reprises dans celles du 25 mars, le Conseil Énergie définit les priorités à court, moyen et long terme de la stratégie énergétique de l'UE.
Sur le chapitre marché intérieur, le Conseil Énergie insiste sur la mise en œuvre rapide et intégrale par les États membres du 3ème paquet législatif pour la libéralisation.
En matière d'efficacité énergétique, le Conseil Énergie veut que le plan d'action révisé, qui verra le jour en mars, prône des mesures améliorant la performance énergétique du système énergétique, allant de la production et du transport à l'utilisation finale. Il réaffirme le rôle exemplaire du secteur public et prône l'inclusion de normes d'efficacité énergétique dans les marchés publics. Le Conseil Énergie veut aussi que le plan d'action révisé se concentre sur des secteurs spécifiques - construction, transports et industrie - mais en évitant des objectifs sectoriels. Le plan d'action devra aussi proposer la mise en œuvre d'ici 2015 d'autres actes législatifs dans le cadre des directives « écoconception » et « étiquetage », et prévoir la révision des directives « services énergétiques » et « cogénération ». S'il plaide pour une méthode commune pour évaluer les progrès, le Conseil Énergie considère néanmoins que la définition d'objectifs supplémentaires « ne se justifie pas actuellement » mais rappelle que la mise en œuvre de l'objectif de 20% sera réexaminée en 2013.
Sur le chapitre des infrastructures, le Conseil Énergie insiste sur la nécessité de maintenir le « rôle essentiel » du marché dans l'élaboration et le financement de projets. Sans préjudice de la sélection de projets individuels ou de la réalisation de projets en cours, les réseaux intelligents et les corridors pour l'électricité, le gaz et le pétrole indiqués par la Commission dans le paquet infrastructures sont considérés comme des « priorités ». L'exécutif européen est appelé à en élaborer une analyse exhaustive, en recensant les obstacles à leur réalisation, à élaborer une méthode claire pour la sélection de projets, sur la base de critères transparents et objectifs, et à présenter à l'automne une initiative sur la rationalisation des procédures de permis de construire.
En matière de R&D dans le domaine des technologies énergétiques à faible teneur en carbone, le Conseil Énergie donne la priorité à la mise en œuvre des initiatives industrielles européennes prévues dans le cadre du SET-plan lancées avant fin 2010, ainsi qu'à la mise en place de l'Espace européen de la recherche. Il prône aussi le lancement d'initiatives sur les technologies liées aux nouveaux projets d'envergure (stockage de l'électricité, biocarburants durables, villes et réseaux intelligents) et aux véhicules propres.
Un chapitre sur les sources et la production intérieures d'énergie appelle à ne négliger aucune piste, des renouvelables au nucléaire. La directive « renouvelables » devra être mise en œuvre dans les délais, en tirant pleinement parti des mécanismes de coopération, et en levant les obstacles à l'utilisation des régimes nationaux de soutien. Le Conseil convient aussi d'évaluer le potentiel en matière d'extraction et d'utilisation durables de ressources en combustibles fossiles conventionnels ou non (gaz de schistes et schiste bitumineux).
Sur la dimension extérieure, le Conseil Énergie insiste sur la nécessité d'améliorer la transparence et la crédibilité de l'action extérieure en adressant des messages « cohérents et coordonnés » aux fournisseurs et aux pays de transit. Aussi les Vingt-sept conviennent-ils de la nécessité d'améliorer l'échange d'informations avec la Commission, notamment concernant les accords bilatéraux. Le Conseil appelle aussi à poursuivre la diversification des voies et sources d'approvisionnement et les efforts pour développer des couloirs stratégiques, tel que le Corridor gazier Sud, auquel se greffe le projet de gazoduc Nabucco.
Enfin, pour le long terme, le Conseil Énergie prône l'élaboration d'une feuille de route énergétique à l'horizon 2050, « neutre sur le plan technologique » tout en mettant l'accent sur l'efficacité énergétique, et compatible avec la feuille de route pour une économie à faible teneur en carbone. (E.H.)