Bruxelles, 28/02/2011 (Agence Europe) - L'UE pourrait organiser en fin de semaine, à la demande de la France, un Conseil européen extraordinaire consacré à la crise en Libye. C'est le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui doit encore en décider. Par ailleurs, le Conseil des ministres de l'UE a adopté lundi 28 février une décision qui permet aux 27 États membres de l'UE de mettre en œuvre la résolution 1970 que le Conseil de sécurité de l'ONU a adoptée deux jours auparavant à New York et par laquelle la communauté internationale impose au régime du colonel Kadhafi les sanctions suivantes: - un embargo sur les livraisons d'armes à la Libye ; - le gel des avoirs de Kadhafi et cinq autres membres de sa famille; - une interdiction de visa pour Kadhafi et 15 personnes de sa famille et de son entourage.
Sanctions supplémentaires. La décision des 27 comprend aussi des « mesures d'accompagnement » qui vont au-delà des sanctions contenues dans la résolution de l'ONU. Ainsi, l'UE impose aussi un embargo sur la vente de produits et d'équipements (comme les gaz lacrymogènes) susceptibles d'être utilisés à des fins de répression contre les manifestants ou des opposants. L'UE a par ailleurs décidé d'élargir les autres sanctions au-delà des listes de personnes retenues par l'ONU: dix individus supplémentaires proches de Kadhafi sont frappés par le gel des avoirs dans l'UE et 20 personnes supplémentaires sont interdites d'entrer sur le territoire de l'UE. Les interdictions de visa sont entrées en vigueur immédiatement tandis que les autres mesures restrictives seront applicables dès leur publication au Journal officiel de l'UE attendue pour les prochains jours.
L'idée d'imposer une interdiction de survol de la Libye reste sur la table mais une telle décision devrait être prise au niveau de l'ONU et pas de l'UE, a souligné lundi la porte-parole de Catherine Ashton. La résolution de l'ONU a aussi chargé la Cour pénale internationale d'examiner la situation en Libye et de vérifier si les responsables de la répression ne se sont pas rendus coupables de crimes contre l'humanité. L'UE s'est réjouie de cette décision. Il est primordial de faire en sorte que « les responsables soient tenus pour responsables », a souligné Catherine Ashton à la réunion ministérielle du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, lundi à Genève.
Contacts avec les autorités libyennes transitoires. Même si elle n'a pas de représentation sur place en Libye, l'UE est en train « d'établir des contacts » avec les autorités de transition libyennes mises en place par les opposants au régime de Mouammar Kadhafi, a confirmé la porte-parole de Mme Ashton. Les villes libyennes sous contrôle de la rébellion ont nommé dimanche l'ancien ministre de la Justice de Mouammar Kadhafi à la tête d'un gouvernement provisoire, basé à Benghazi. « Oui nous essayons d'établir des contacts avec le Conseil transitoire. C'est une opération en cours », a-t-elle dit. Cela prouve que l'UE veut soutenir le peuple et veut « évidemment » dire qu'elle a rompu toute relation avec le régime de Kadhafi, a-t-elle ajouté.
Conseil européen extraordinaire ? Le président français Nicolas Sarkozy a demandé dimanche27 février la tenue d'un Conseil européen spécial afin que l'UE adopte une « stratégie commune face à la crise libyenne, dont les conséquences pourraient être très lourdes pour la stabilité de toute la région ». Herman Van Rompuy, le président permanent du Conseil européen, examine la demande française. « La demande est à l'examen, mais rien n'est encore décidé », confiait lundi une source bien informée. La France milite en faveur d'un sommet à la fin de cette semaine, « jeudi ou vendredi », et aurait le soutien déjà de l'Italie et de l'Espagne. Catherine Ashton soutient aussi une telle initiative. (H.B.)