Bruxelles, 28/02/2011 (Agence Europe) - Les représentants des producteurs de quatorze pays européens ont été « unanimes »: il est impératif de « revoir et corriger » en profondeur les propositions de la Commission européenne sur le secteur du lait « afin de garantir l'avenir de la production laitière en Europe », affirme vendredi 25 février l'EMB (European Milk Board), après une conférence tenue, à Dublin, du 22 au 24 février.
La Commission européenne a adopté, au début de décembre 2010, des propositions concernant les relations contractuelles dans le secteur du lait. Elles fixent notamment des limites aux négociations collectives qui ne devraient pas porter sur plus de 3,5 % de la production globale de l'UE et 33% de la production nationale.
Pour le président de l'EMB, Romuald Schaber, « une telle restriction ne tient pas compte des réalités particulières au secteur du lait. Il a rappelé que la part de marché de certaines laiteries dépasse d'ores et déjà les limites de concentration mentionnées », explique le communiqué.
Selon l'EMB, ces propositions « négligent le renforcement nécessaire de la position des producteurs sur le marché du lait ».
Le positionnement des coopératives a également été évoqué. Elles « ne sont pas des organisations de producteurs, mais des entreprises de transformation qui portent un vif intérêt à ce que les prix du lait brut soient faibles. Les producteurs doivent avoir le droit et la possibilité d'adhérer à une organisation de producteurs réelle et indépendante », poursuit le communiqué. « De même, il est nécessaire d'observer et de réglementer le marché au niveau européen, de façon à réformer efficacement le mode de formation des prix sur le marché du lait », ajoute-t-il.
Un autre problème est la relation des 'prix producteurs' par rapport aux 'prix consommateurs'. « Si l'on ne s'attaque pas au problème en garantissant aux agriculteurs une part équitable du prix de vente, il est plus que douteux que les exploitations agricoles familiales aient, à long terme, une perspective en Europe. Il s'agit là d'un problème européen auquel il va falloir trouver une solution européenne ». (L.C.)