Les pays émergents, premiers récipiendaires d'IDE en 2010. - Les flux d'investissements directs étrangers (IDE) vers les pays en développement ont dépassé en 2010, pour la première fois, ceux des économies riches qui peinent à surmonter la crise économique, indique la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement) dans un rapport publié mi-janvier. Après de sévères plongeons en 2008 et 2009, les IDE ont atteint dans l'ensemble des pays du monde 1122 milliards de dollars, en très faible progrès par rapport à 2009 (+0,7% ; 1114 milliards d'euros). Ils ont stagné dans les pays industrialisés et se situent à un niveau près de 25% inférieur à celui d'avant la crise. Ainsi, les pays développés ont vu leurs flux d'IDE, qui se calculent surtout sur la base de la création de filiales à l'étranger ainsi que des fusions/acquisitions, baisser de 6,9% en 2010, malgré un rebond aux États-Unis (+43,3% à 186,1 milliards de dollars). Le Japon est le plus touché avec -83,4%, suivi par l'Union européenne avec -19,9% (289,8 milliards de dollars), en particulier l'Irlande (-66%) et l'Italie (-35,5%) qui ont été les économies les plus affectées par la défiance. La France et l'Allemagne l'ont été beaucoup moins avec des entrées de capitaux en baisse toutefois de, respectivement, -3,7% et -3,5%. En revanche, les IDE dans les pays en développement ont augmenté et dépassent pour la première fois les flux dans les pays développés. Ceux-ci ont attiré 53% des IDE, ce qui représente 595 milliards de dollars grâce à une hausse de 10%. L'Asie (Hong-Kong, Malaisie, Indonésie) et l'Amérique latine (Chili, Mexique, Pérou) sont à la base de ce mouvement, à l'exception de l'Inde. Les entrées destinées à la Chine ont progressé de 6,3% à 101 milliards de dollars. Quant à l'Afrique, elle a pâti de l'économie en berne des pays développés, l'augmentation des flux d'IDE en provenance de pays émergents ne parvenant pas à compenser ce recul. Au total, elle a enregistré des flux en baisse de 14,4% à 50,1 milliards de dollars. Pour 2011, la CNUCED reste modérément optimiste. Elle table sur un montant d'IDE global en légère hausse, allant de 1300 à 1500 milliards de dollars. (I.L.)