Bruxelles, 28/01/2011 (Agence Europe) - Au palmarès des États membres qui utilisent à tour de bras les dérogations à la législation européenne sur les pesticides pour pouvoir autoriser l'utilisation de ces produits chimiques, la France est la championne, souligne un nouveau rapport publié le 27 janvier par PAN-Europe (Pesticide Action Network Europe). Ce rapport intitulé 'Meet (chemical) agriculture, the world of backdoors, derogations, sneaky pathways and loopholes' analyse minutieusement l'une des nombreuses échappatoires contenues dans la directive européenne 91/414 (relative à la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques) et que dénonce l'ONG.
Il montre que le recours à l'article 8.4 de la directive, qui porte sur les dérogations, a connu une explosion de plus 500% en quatre ans. En 2010, les États membres ont sollicité 321 dérogations pour 152 produits chimiques différents, et dans cette course aux dérogations, la France est la championne avec 74 dérogations accordées à des pesticides non autorisés. Elle est suivie par la Grèce (54) et le Portugal (31). La France qui n'avait pas accordé de dérogations du tout au cours des années précédentes invoque maintenant 74 cas de 'danger imprévu' auquel faire face. PAN-Europe dénonce le manque de transparence du processus décisionnel de l'UE qui ne révèle aucune information sur les justifications des dérogations, pas plus qu'elle ne donne d'information sur les mesures prises par les États membres. PAN-Europe juge hautement improbable l'apparition soudaine d'une telle déferlante de cas de « danger imprévu » et se demande donc si le recours à ces dérogations est légal. (A.N.)