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Bulletin Quotidien Europe N° 10304
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/omc/doha

Pression sur les émergents à Davos

Bruxelles, 28/01/2011 (Agence Europe) - En vue de la réunion des ministres du Commerce des sept principales puissances à l'OMC, vendredi soir, en marge du Forum économique mondial de Davos, Karel De Gucht a accentué un peu plus la pression mise par les États-Unis sur les grandes nations émergentes pour obtenir de nouvelles concessions dans le cadre des négociations de Doha. De son côté, Pascal Lamy attend « une accélération » des pourparlers, pour boucler le round avant la fin de l'année.

À la veille de la réunion attendue dans la soirée du 28 janvier des ministres du Commerce des sept principaux acteurs à l'OMC - Australie, Brésil, Chine, États-Unis, Inde, Japon et UE -, Karel De Gucht a sollicité davantage les économies émergentes, en particulier la Chine, à mettre de l'eau dans leur vin. Comme les États-Unis, l'UE cherchera à obtenir davantage de concessions de la part des principales économies émergentes dans les négociations à venir, a indiqué vendredi le commissaire européen au Commerce, hôte de la réunion de Davos, dans un entretien accordé à l'agence Dow Jones.

« Le monde a changé et il continuera probablement à changer dans la même direction. La Chine n'est pas la même Chine qu'il y a dix ans. Je crois et j'espère que [la Chine] intégrera progressivement cette donnée dans ses propositions de négociation. Nous en aurons besoin. Sinon nous ne pourrons pas conclure un accord », a-t-il insisté. M. De Gucht a notamment mis l'accent sur la question des subventions octroyées par Beijing aux industries exportatrices chinoises, sous la forme d'allégements fiscaux, de garanties d'emprunt d'État, de prêts ou de crédits bon marché fournis par des banques nationales publiques, source de préoccupation majeure pour les entreprises occidentales. « C'est un des points que nous allons soulever avec fermeté, que nous avons besoin de règles pour les subventions », a insisté le commissaire, pour qui un accord définitif devra inclure des limites plus explicites sur ces subventions.

De son côté, le directeur général de l'OMC Pacal Lamy, qui ne devait pas participer à la réunion des sept vendredi soir, mais assister à celle élargie, dans le cadre du Forum de Davos, aux ministres du Commerce d'une vingtaine d'autres pays membres, a dit attendre des discussions de ce week-end en Suisse un mouvement d'« accélération » des pourparlers dans les mois à venir. « Des pas en avant de tous les acteurs sont attendus. Chacun autour de la table se rend compte que négocier nécessite des concessions mutuelles. Il n'y a rien de mauvais à trouver un compromis », confirme Karel De Gucht. Pour le ministre australien Darren Emerson, les discussions au siège de l'OMC à Genève ces derniers mois portent à croire que les compromis nécessaires sont désormais possibles. « Il semble qu'il y ait une acceptation générale que ce qui est nécessaire pour une issue heureuse du round de Doha est que les principaux pays apportent un peu plus à la table des négociations », assurait-il vendredi. Reste que le compromis sera difficile. Car de leur côté, les ministres des grandes nations émergentes, Afrique du Sud, Brésil, Chine et Inde en tête, n'ont pas manqué de réaffirmer vendredi leurs réticences à donner davantage, après avoir fait déjà d'importantes concessions.

Intensifier les pourparlers agricoles à Genève. Le président des négociations agricoles à l'OMC David Walker a fait part le 21 janvier de son intention d'intensifier les négociations techniques au cours de la première quinzaine de février. L'ambassadeur néo-zélandais veut produire d'ici juin un projet de compromis révisé sur les modalités de libéralisation des échanges agricoles prévu dans le round de Doha. (E.H.)

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