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Bulletin Quotidien Europe N° 10304
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/agora citoyenne

Non à un modèle social réduit ou affaibli

Bruxelles, 28/01/2011 (Agence Europe) - À l'issue de deux journées de discussions, le message de l'Agora citoyenne est clair: nous ne voulons pas que notre modèle social européen soit détruit ou affaibli. En clair: il ne faut pas traiter uniquement les questions économiques de sortie de crise. Nous voulons des finances publiques équilibrées, de la croissance économique afin de renforcer notre modèle social européen. Il nous faut donc plus de ressources et pas moins pour réformer nos systèmes sociaux et de retraite. Et nous n'oublions pas nos enfants, notre avenir. C'est pourquoi nous devons consacrer davantage de ressources à l'éducation et à la formation. Aucun enfant ne doit être laissé au bord de la route. C'est en ces termes que le vice-président du Parlement européen, Libor Roucek (S&D, tchèque), a présenté à la presse le sentiment des représentants de la société civile organisée, des ONG, des acteurs du Comité économique et social européen (CESE), des députés européens et des citoyens européens réunis à Bruxelles en Agora citoyenne (EUROPE n° 10303).

Les travaux en ateliers consacrés, le premier à la pauvreté, le second aux flux migratoires et le troisième à l'accès à une vie décente et au modèle social européen, ont trouvé une solution à ces problématiques: il faut réduire la pauvreté. Pour cela, un travail « à tous les niveaux à la fois » est indispensable. Ceci implique une coopération plus forte entre les institutions européennes, et plus efficace entre l'UE et les États membres mais aussi entre les États, les régions et les communautés locales. La société organisée et les citoyens doivent également y prendre part, a ajouté Libor Roucek.

Tous les participants ont dit clairement « leur indignation, leur colère, leur malaise » par rapport au thème de la pauvreté. La vice-présidente du PE Isabelle Durant (Verts/ALE, belge) a expliqué que pour ces personnes, l'UE a seulement fait « beaucoup sur le terrain économique, mais pas assez sur le terrain social » et en particulier pour les personnes les plus vulnérables qui subissent deux fois plus la crise dans leur vie quotidienne. « Il y avait de la force dans les attentes des ONG, des acteurs du CESE et des citoyens », a affirmé avec conviction Isabelle Durant. Des citoyens à qui on avait demandé de travailler, dans la « conférence sur le consensus », sur deux sujets particuliers: la culture en tant que lien social de sortie de l'isolement, notamment pour les personnes âgées à revenus modestes, et la fracture numérique. Isabelle Durant a exprimé le ressenti des participants: « La pauvreté on ne la montre pas, on en parle peu, elle est peu présente, c'est comme si la société voulait la cacher ». Des recommandations concrètes ont été formulées par les trois ateliers et la conférence de consensus, sur le suivi de la stratégie UE 2020 à faire au niveau du PE, par de nouveaux rapports et résolutions mais aussi la mise en application de rapports et résolutions existants. Des sujets tels que le surendettement et la pauvreté énergétique ont également été évoqués. Enfin, les participants ont également évoqué « l'importance de créer du lien et de meilleures corrélations entre le travail des acteurs du CESE et du PE parce qu'il nous semble qu'on peut faire plus et mieux », a conclu la vice-présidente du PE.

Prenant au bond les derniers mots d'Isabelle Durant, le président du CESE, Staffan Nilsson, a affirmé que « la coopération est très avantageuse pour nous tous, elle est bénéfique pour nous et tous les citoyens ». Pour Staffan Nilsson, les citoyens ont un rôle essentiel à jouer dans le processus législatif « et vous en faites encore plus ». « Aujourd'hui vous êtes également codécideurs. Il y a aussi les partenaires sociaux et les représentants des secteurs qui nous donnent une base solide ». Le sentiment du président Nilsson après le travail en ateliers est qu'« il y a un engagement très fort ». Staffan Nilsson a également estimé que le PE devait se saisir de « la dimension européenne de la pauvreté », telle qu'elle a été mise en exergue lors de cette Agora. La présidence hongroise de l'UE a souhaité que des avis soient émis sur le thème de la pauvreté et il est important de présenter l'avis de la société civile par le biais des rapporteurs du PE.

À propos de l'éducation, Staffan Nilsson a abordé trois volets: l'éducation formelle (qui se trouve dans la stratégie 2020), la formation continue (qui en fait partie aussi) et l'éducation non formelle. « Dans ce dernier domaine, beaucoup d'organisations œuvrent et peuvent s'avérer utiles pour tous les citoyens: cela permet d'accéder à des écoles, et c'est un outil important face à la crise », a commenté le président du CESE. Et de conclure sur le sentiment d'engagement très profond de cette Agora. Le président s'est également félicité de la coopération au niveau de la planification. « Nous avons des rôles différents à jouer mais ensemble nous pouvons garantir la pérennité de l'Europe ».

Répondant à un journaliste sur la question du revenu minimum, Libor Roucek a rappelé que dans 22 États membres le salaire minimum existe et 5 n'en ont pas et affirmé le souhait d'avoir un salaire minimum commun pour les 27 États membres. Quant au sans-abrisme, il est « une honte pour nos sociétés. Je crois que c'est un problème qui peut être résolu », a conclu Staffan Nilsson. (G.B.)

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