Bruxelles, 28/01/2011 (Agence Europe) - L'UE surveille étroitement l'évolution du marché mondial des terres rares et est déterminée à sécuriser ses approvisionnements en provenance de Chine et de sources alternatives, une « question géostratégique d'une importance majeure », a affirmé Karel De Gucht, en marge du Forum économique mondial de Davos jeudi 27 janvier. Interrogé par la presse, le commissaire européen au Commerce a toutefois refusé de dire si l'exécutif européen va recourir à l'OMC dans le dossier des restrictions chinoises aux exportations de terres rares, un groupe de 17 minerais essentiels pour la fabrication de produits high-tech aussi variés que les écrans plats, les téléphones portables, les lasers ou les voitures hybrides, et dont la Chine détient 35% des réserves accessibles connues et 97% du marché mondial. M. De Gucht, qui a soulevé la question devant les autorités chinoises lors de la session du dialogue économique et commercial UE/Chine en décembre dernier à Beijing, a expliqué que l'UE cherchait une solution avec deux éléments: d'une part, s'assurer que la Chine n'a pas fait de restrictions sur ses fournitures destinées à l'UE, mais a respecté des quotas d'exportation acceptables, d'autre part, s'assurer que la Chine n'impose pas des droits d'exportation sur les minerais qui créent le double affichage des prix en donnant un avantage aux fabricants chinois face aux utilisateurs étrangers des minerais. La Commission européenne redoute de menacer Beijing de rétorsions pour protester contre ses réductions d'exportations de ces minerais. Si une première mouture de sa future stratégie pour les matières premières répondait aux préoccupations des industriels européens avec la menace de rétorsions douanières, cette option était mise de côté dans une dernière version du document. (E.H.)