Bruxelles, 01/12/2010 (Agence Europe) - Un an jour pour jour après son entrée en vigueur, le Traité de Lisbonne a grosso modo tenu ses promesses. Renforcé, le Parlement européen n'a pas tardé à user de ses nouvelles prérogatives, par exemple en rejetant dès février dernier l'accord Swift avec les États-Unis. Plus récemment, il a pesé de tout son poids en s'opposant au Conseil sur le budget 2011 de l'UE. Plus lente aura été la naissance du service européen pour l'action extérieure (SEAE) - même si le calendrier a été respecté - lancé officiellement mercredi 1er décembre. Autre avancée: l'accord politique sur l'initiative citoyenne auquel ont abouti mardi 30 novembre, dans la soirée, le Parlement, le Conseil et la Commission (voir nouvelle ci-dessus). D'une manière générale, les politiques européens dressent un bilan positif de cette première année passée de 'l'ère Lisbonne', certains estimant cependant qu'il faut aller plus loin.
S'exprimant au nom de la Commission, mercredi midi, sa porte-parole a estimé que la Commission avait joué pleinement son rôle en soumettant au Parlement et au Conseil tous les actes législatifs découlant de Lisbonne, en particulier les propositions portant sur le SEAE et l'initiative citoyenne. Pia Ahrenkilde Hansen a par ailleurs fait valoir que la Commission avait utilisé les nouvelles compétences que lui confère le traité pour renforcer la gouvernance économique. Et de citer le semestre européen et le renforcement du Pacte de stabilité et de croissance, « en particulier en matière de sanctions et de corrections dans la zone euro. »
S'exprimant au nom de l'Union des Fédéralistes européens, l'eurodéputé britannique libéral Andrew Duff a lui aussi dressé un bilan positif de la mise en œuvre du traité, estimant que toutes les institutions avaient bénéficié de la rationalisation du processus de décision qu'il a induite. Et de citer également la plus grande transparence du processus législatif au niveau du Conseil, le rôle du président du Conseil européen, le dynamisme retrouvé de la Commission, les possibilités qu'ouvre le SEAE et l'utilisation par le PE de ses nouveaux pouvoirs. Reste que M. Duff préconise une nouvelle réforme du traité qui permettrait notamment d'aboutir à un gouvernement économique démocratique de la zone euro, à un « budget fédéral » et à une réforme du système électoral pour l'élection du PE. (O.L.)