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Bulletin Quotidien Europe N° 10249
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/États-unis

L'UE reste 'zen' après le revers électoral de Barack Obama

Bruxelles, 03/11/2010 (Agence Europe) - L'UE ne craint pas trop que les résultats des élections de mi-mandat du 2 novembre aux États-Unis - un véritable revers pour Barack Obama et ses démocrates qui perdent leur majorité à la Chambre des représentants et se retrouvent affaiblis au Sénat où ils gardent cependant une courte majorité - puissent avoir un impact négatif sur les relations transatlantiques. Officiellement, les institutions communautaires refusent de commenter « les élections dans des pays tiers ». Mais derrière les coulisses, les premiers commentaires et analyses sont plutôt rassurants.

Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen qui doit accueillir Barack Obama le 20 novembre pour le sommet UE/États-Unis à Lisbonne, s'est limité mercredi à un 'no comment'. Son porte-parole a simplement renvoyé à « Madame Ashton ». La haute représentante pour les Affaires étrangères n'avait, elle non plus, pas de commentaires à faire. Seule la Commission européenne s'est avancée prudemment en exprimant, par la voix de son porte-parole, le souhait que les relations transatlantiques se poursuivent avec « le même degré de coopération constructive » qu'avant.

Au Parlement européen, les avis sont plus partagés. Le groupe du PPE, principale force politique de l'assemblée, s'est officiellement félicité de la victoire du parti républicain. Le chef du groupe Joseph Daul a écrit mercredi au prochain président de la Chambre des représentants américaine, le républicain John Boehner, pour exprimer le souhait « qu'au-delà des alternances, la relation transatlantique soit une constante dans les relations UE/USA ». « En donnant au parti républicain la majorité à la Chambre des représentants, et en renforçant son poids politique au Sénat, le peuple américain a dit sa volonté de concentrer les efforts du pays sur l'emploi et la croissance. Il a aussi exprimé son soutien en faveur d'une classe politique responsable et soucieuse du bon usage de l'argent public », estime M. Daul affirmant que « les Européens partagent les mêmes préoccupations ». M. Daul termine sa lettre par un appel à une « coopération plus étroite entre Bruxelles et Washington, sur l'économie, le climat et l'énergie, ou encore la lutte contre le terrorisme ».

D'autres députés européens sont plus inquiets. Au sommet de Lisbonne déjà, « on risque de se retrouver face à un Obama qui ne voudra pas s'engager beaucoup, en train de chercher sa place, de voir quelle stratégie adopter face au Congrès », redoute par exemple l'Allemand Elmar Brok (PPE). Son compatriote Reinhard Bütikofer (Verts) est encore plus pessimiste. « Les relations transatlantiques seront plus difficiles (…) Le président Obama et les démocrates ont subi une défaite historique. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles pour l'Europe », prédit-il. L'eurodéputé des Verts craint notamment des répercussions sur le rôle des États-Unis au Proche-Orient ainsi que sur les négociations internationales sur la lutte contre le changement climatique. En ce qui concerne le Proche-Orient, M. Bütikofer craint que la marge de manœuvre du président américain soit considérablement réduite. « L'un des vainqueurs des élections américaines est Benjamin Netanyahou (le Premier ministre israélien, Ndlr) et l'un des perdants est Abu Mazen » (le président de l'Autorité palestinienne, Ndlr), dit-il. Sur le climat, « Obama peut oublier son agenda législatif pour les deux prochaines années. Il n'y aura pas de politique substantielle des États-Unis sur le climat. Si peu avant la conférence de Cancún, c'est une nouvelle dramatique », estime M. Bütikofer.

« Pas de changements fondamentaux à attendre ». Des diplomates proches de Catherine Ashton estiment que l'impact des élections sur la politique étrangère des États-Unis sera très minime, à l'exception peut-être des dossiers qui auront des implications budgétaires ou qui nécessitent une ratification par le Congrès (climat, ratification du traité de désarmement nucléaire START signé avec la Russie, etc.). « En gros, tout se poursuivra comme avant d'autant plus que dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité, les républicains sont plus ou moins sur la même longueur d'onde que le président », expliquent des diplomates européens. Une analyse confirmée par l'ambassadeur américain à Bruxelles, Howard Gutman, cité par l'AFP, qui soulignait mercredi que le scrutin « ne changera fondamentalement rien à notre politique étrangère ».

Des analystes européens extérieurs aux institutions de l'UE s'accordent également pour dire que l'affaiblissement de Barack Obama et des démocrates au Congrès ne devrait pas avoir d'impact majeur sur les relations transatlantiques. « La victoire des républicains trouve son explication dans des sujets de politique interne, comme l'état de l'économie, le chômage ou la réforme du système de santé, et non pas dans la politique étrangère menée jusqu'ici par l'administration Obama. Les Américains n'ont pas voté contre sa politique étrangère et encore moins contre sa politique envers l'Europe qui devrait donc être poursuivie comme avant », estime par exemple Marco Incerti du Centre for European Policy Studies (CEPS) à Bruxelles. Pour gagner les élections présidentielles de 2012, M. Obama devra donc concentrer ses efforts sur la politique intérieure, en particulier la reprise économique et la création d'emplois, sans nécessairement changer sa politique étrangère, conclut M. Incerti. (H.B.)

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