Bruxelles, 03/11/2010 (Agence Europe) - Si l'Islam n'encourage pas les comportements violents des adolescents, ces comportements sont plutôt déclenchés par des situations de discrimination et par la marginalisation sociale, selon un rapport de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (FRA) publié le 27 octobre. « Les jeunes qui font l'objet de discriminations et se sentent socialement marginalisés, de même que ceux qui ont été victimes de violence, seront plus susceptibles de recourir à la violence à l'égard d'autrui. Cette tendance vaut tant pour les jeunes musulmans que pour les non-musulmans », a déclaré Morten Kjaerum, directeur de la FRA.
Selon le dernier rapport de l'Agence, intitulé 'L'expérience vécue de la discrimination, de la marginalisation sociale et de la violence', « rien n'indique que les jeunes musulmans ont plus ou moins tendance à recourir effectivement à la violence que les jeunes non-musulmans (…) une fois qu'il a été tenu compte des autres aspects de la discrimination et de la marginalisation, ainsi que des autres caractéristiques de la vie des jeunes ».
L'étude comparative repose sur une enquête réalisée auprès de 3 000 jeunes musulmans et non musulmans de 12 à 18 ans, en France, au Royaume-Uni et en Espagne, « trois États membres de l'Union européenne qui ont connu des attentats terroristes liés à l'islamisme radical ou des troubles urbains impliquant des jeunes immigrants issus principalement d'un milieu musulman », indique l'Agence. Les jeunes musulmans de France et surtout d'Espagne connaissent plus fréquemment des situations de discrimination que les autres adolescents d'après ce rapport qui souligne un « lien fort » entre le fait d'avoir été victime de discrimination et l'usage de la violence. « En conséquence, toute politique visant à lutter contre les menaces pesant sur la société, le terrorisme ou la délinquance juvénile par exemple, devrait s'attaquer aux situations quotidiennes d'exclusion et de discrimination qui touchent tous les jeunes », conclut la FRA. (B.C.)