Bruxelles, 03/11/2010 (Agence Europe) - L'étiquetage du miel vendu en Europe devrait renseigner sur l'origine et le contenu des pots, et il ne devrait pas y avoir moins de 50 % de miel pur dans un pot de miel. C'est une demande de la commission agriculture du Parlement européen qui figure dans une résolution sur la situation du secteur de l'apiculture. Le dossier sera débattu lors de la session plénière du Parlement européen de fin novembre, à Strasbourg.
Selon le projet de résolution entériné en commission de l'agriculture du Parlement européen, le secteur de l'apiculture dans le monde est « gravement menacé », car il a enregistré en 2010 des pertes de 100 à 1000 fois supérieures à la normale.
Dans de nombreuses régions, la mortalité des abeilles constitue un problème de plus en plus grave en raison d'une conjonction de facteurs: maladies des abeilles, affaiblissement des défenses immunitaires des abeilles face aux pathogènes et aux parasites, changement climatique, changements d'utilisation des sols, destruction des plantes mellifères, utilisation de pesticides...
La commission parlementaire souligne en outre que l'on ne peut établir avec certitude un
lien entre la diminution du nombre des colonies d'abeilles observée dans certains États membres et l'utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM), « ceux-ci étant pour le moment cultivés en quantités négligeables ».
Changement dans l'étiquetage. La résolution déposée par Paolo De Castro, président de la commission de l'agriculture du PE, précise que le marché européen du miel dépend à 40 % des importations. Or, selon les parlementaires, la situation de dépendance de l'Union européenne dans le domaine des approvisionnements en miel « entraîne une forte volatilité des prix ». De plus, la libéralisation du marché européen du miel pour les pays tiers « a placé les apiculteurs de l'UE dans une position concurrentielle extrêmement défavorable ».
Dès lors, les parlementaires invitent la Commission à envisager, dans le cadre de la proposition législative sur la politique de qualité des produits agricoles, de modifier les dispositions concernant l'étiquetage de l'origine du miel afin d'éviter les informations de nature à induire en erreur les consommateurs, notamment en cas de mélanges de différents miels provenant de pays de l'Union européenne et de pays tiers.
La résolution proposée insiste sur la nécessité d'améliorer les conditions sanitaires du produit, en harmonisant les contrôles aux frontières, surtout s'agissant des importations en provenance des pays tiers. Les produits de pays tiers de basse qualité et les succédanés perturbent le marché et exercent une pression continue sur les prix et la qualité finale sur le marché intérieur de l'UE, d'après les membres de la commission agriculture du PE. La commission parlementaire considère que le nom du produit ou les éléments graphiques ou autres éléments visuels présents sur l'étiquette ou l'emballage du produit ne doivent faire allusion au miel « que si au moins 50 % de la teneur en sucre du produit provient du miel ».
Lutte contre le varroa. La commission parlementaire invite la Commission à élaborer des programmes triennaux fondés sur la déclaration par tous les États membres du nombre de ruches effectivement recensées, et non sur des estimations. Les députés estiment qu'il est nécessaire de trouver des traitements vétérinaires efficaces contre le varroa et les autres parasites et maladies des abeilles. Il est demandé à la Commission de définir des orientations communes en matière de traitement vétérinaire dans ce secteur.
En outre, la résolution proposée invite la Commission à: - adapter, dans sa portée et son financement, la politique vétérinaire européenne afin de tenir compte des spécificités de l'abeille et de l'apiculture dans l'objectif de contrôler plus efficacement les maladies des abeilles ; - établir un plan d'action destiné à lutter contre la mortalité des abeilles ; - veiller à ce que les aides accordées actuellement au secteur apicole soient maintenues et renforcées dans la politique agricole commune (PAC) après 2013.
La Commission européenne soutient déjà des programmes nationaux d'aide au secteur apicole. 26 millions d'euros ont été débloqués pour la période 2008-2010 et 32 millions vont s'y ajouter entre 2011
et 2013. (L.C.)