Bruxelles, 03/11/2010 (Agence Europe) - Des experts en matière de sécurité aérienne et d'explosifs participeront vendredi à Bruxelles à une réunion extraordinaire pour envisager les réponses à apporter aux nouvelles menaces terroristes que représentent les colis piégés en provenance de Grèce et du Yémen, a annoncé mercredi la Commission européenne. « La Commission et la présidence belge ont demandé la tenue vendredi d'une rencontre spéciale des experts de la sécurité aérienne des États membres pour évaluer les réponses aux menaces qui se sont vérifiées récemment », a précisé le porte-parole de la Commission en charge des Affaires intérieures Michele Cercone. Cette rencontre, à laquelle participeront notamment des experts du réseau pour la détection des explosifs, doit également permettre d'envisager les éventuelles modifications des règles en vigueur. La Commission coopère en outre très étroitement avec de nombreux partenaires internationaux tels que les États-Unis, le Canada ou l'Australie sur ces questions, a souligné M. Cercone. Le sujet des récentes menaces terroristes devrait également être abordé au déjeuner de la réunion des ministres européens de l'Intérieur qui aura lieu le 8 novembre prochain à Bruxelles.
Berlin demande à l'UE d'agir. L'Allemagne veut que l'Union européenne, lors de son sommet de décembre, décide de nouvelles mesures pour contrer la menace terroriste dans le fret aérien, a annoncé mercredi une source gouvernementale à Berlin. « Le sommet de la mi-décembre devrait se prononcer sur des propositions au niveau européen », selon cette source citée par Reuters. Les règles de sécurité actuellement en vigueur à l'échelle européenne concernent uniquement des colis envoyés au départ d'un État membre de l'UE, a fait remarquer M. Cercone, rappelant toutefois qu'aucune proposition n'était à ce stade envisagée concernant un blocus des cargos en provenance des pays tiers.
Colis en Grèce: pas le fait d'Al Qaïda. La police grecque était sur le qui-vive mercredi après que l'on ait décelé des expéditions d'une dizaine de colis piégés vers des ambassades étrangères à Athènes, des dirigeants européens dont Silvio Berlusconi, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy et plusieurs organes européens - Europol aux Pays-Bas et la Cour de justice de l'UE au Luxembourg - depuis lundi (EUROPE n° 10248). Les auteurs de ces colis piégés envoyés depuis Athènes n'ont « aucun lien » avec un « groupe terroriste international organisé », a cependant déclaré jeudi le ministre grec des Affaires étrangères Dimitris Droutsas. Les autorités grecques ont quant même décidé de suspendre tout envoi de courrier ou de colis international par avion pendant 48 heures à partir de mercredi. Jusqu'à présent, aucun groupe n'a revendiqué la responsabilité de ces colis, mais les experts antiterroristes ont suspecté la « Conspiration des cellules de feu », une organisation anarchiste grecque. Au Yémen, les autorités nationales ont annoncé mardi avoir déclenché une vaste opération antiterroriste contre Al Qaïda. L'opération vise notamment à mettre la main sur l'activiste saoudien Ibrahim Hassan al Assiri, soupçonné d'avoir conçu les tentatives d'attentats au colis piégé déjouées vendredi à bord d'avions venant du Yémen. Les colis étaient destinés aux États-Unis. (B.C.)