Bruxelles, 03/11/2010 (Agence Europe) - La production alimentaire européenne peut être augmentée pour répondre à la demande croissante « d'une manière bénéfique pour l'environnement et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre », ont estimé le 27 octobre dernier le COPA (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE) et la COGECA (Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE).
Les organisations agricoles ont organisé un atelier consacré à la contribution de la production de viande et de produits laitiers à l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre. Lors de cet évènement, Peter Kendall, vice-président du COPA, a déclaré: « Les émissions de gaz à effet de serre de l'ensemble du secteur agricole, y compris de l'élevage, ont déjà été réduites de plus de 20% entre 1990 et 2008. Nous avons vu aujourd'hui que les agriculteurs et les autres opérateurs de la chaîne de production de viande et de produits laitiers pouvaient encore réduire davantage ces émissions de gaz à effet de serre. Tandis que l'agriculture européenne s'adapte progressivement au changement climatique, nous pouvons également accroître l'efficacité dans l'utilisation des ressources pour la production agricole, stocker davantage de carbone dans la végétation et les sols et utiliser la bioénergie et d'autres technologies relatives aux énergies renouvelables pour l'auto-approvisionnement et les exportations d'énergie depuis les exploitations agricoles en transformant les effluents d'élevage et les résidus en énergie et en engrais, aidant ainsi à réduire les émissions d'autres secteurs de l'économie ».
Il a rappelé que l'UE devra produire davantage de denrées alimentaires pour les 9 milliards de personnes qui peupleront la planète en 2050. Peter Kendall estime qu'une agriculture viable, qui se concentre sur le rôle économique de production des agriculteurs, « serait la seule manière de fournir des bénéfices environnementaux durables et de développer un processus efficace de piégeage du carbone ».
Pierre Chevalier, président du groupe de travail « viande bovine » du COPA-COGECA, s'est montré satisfait du fait que les questions des prairies en tant que puits de carbone et de la production animale basée sur le pâturage aient été soulevées. « Le piégeage du carbone dans les prairies atteint en moyenne 500 kg de CO2 par an en Europe. Il convient donc de demander une meilleure reconnaissance des bénéfices publics fournis par les systèmes basés sur les pâturages dans un certain nombre de régions de l'UE », d'après Pierre Chevalier. À titre d'exemple, les systèmes d'élevage basés sur le pâturage peuvent offrir simultanément « le piégeage du carbone, la protection de la biodiversité, le stockage de l'eau et la prévention des incendies, des inondations et de l'érosion des sols ». (L.C.)