Bruxelles, 03/11/2010 (Agence Europe) - La Coordination européenne Via Campesina (ECVC) a préconisé lundi 1er novembre une future politique agricole commune (PAC) qui réponde vraiment aux défis sociaux, environnementaux et internationaux et qui garantisse « une agriculture et une production alimentaire européenne sans OGM ».
Après une conférence qu'elle a organisée le 27 octobre à Bruxelles sur la PAC après 2013, la Coordination européenne Via Campesina a préconisé aussi pour l'avenir: - un revenu agricole fondé sur des prix justes qui tiennent compte des coûts d'une production durable sur le plan social et environnemental ; - une régulation publique de la production et des marchés agricoles européens ; - un changement des règles actuelles du commerce agricole international ; - la transparence dans la chaîne alimentaire ; - des normes de qualité et de sûreté alimentaire adaptées aux circuits de proximité et aux petites fermes ; - des droits identiques pour les paysannes et les paysans.
« La PAC doit permettre la coexistence de différents types d'agriculture dans un cadre stable et prévisible, qui permette des investissements sur le long terme », a affirmé Sabine Laruelle, la ministre belge de l'Agriculture et présidente en exercice du Conseil des ministres de l'UE. « La réforme de la PAC doit viser la rencontre de deux publics cibles: les agriculteurs européens et les citoyens/consommateurs », a-t-elle ajouté
« Des outils publics de pilotage du marché domestique sont nécessaires pour se protéger contre la fluctuation des prix des transactions internationales », a dit Jean-Christophe Kroll, professeur à l'Agrosup Dijon. Pour le parlementaire européen Luis Capoulas Santos (S&D, portugais), « la question clef, c'est le budget de la PAC, et il va être difficile de maintenir ce budget au niveau actuel. Il va falloir se battre pour une PAC plus juste et équitable entre États membres, régions et agriculteurs et aussi pour une PAC légitime aux yeux des contribuables et du citoyen européen ». Il faudra pour cela, selon M. Capoulas Santos, cibler les aides sur des critères environnementaux et sociaux, et introduire de la « discrimination positive » pour certains secteurs, comme l'agriculture familiale et l'agriculture biologique.
« L'agriculture n'est pas seulement une marchandise, a affirmé Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture. Il a ajouté: « Nous devons assurer plus de durabilité et plus de diversité à l'agriculture de demain ». Il a conclu en estimant que la PAC doit « soutenir ceux qui intègrent les objectifs alimentaires, territoriaux et environnementaux et il faut un soutien simple pour les petites exploitations et les circuits courts ». (L.C.)