Bruxelles, 20/07/2010 (Agence Europe) - Avigdor Lieberman a réitéré, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OSCE à Almaty (Kazakhstan), son invitation ouverte à tous les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne de visiter la Bande de Gaza, indique le ministère luxembourgeois. D'après cette source, le ministre israélien des Affaires étrangères ne désespère pas de convaincre aussi bien les interlocuteurs internationaux, dont l'UE, que son propre Premier ministre, d'un plan pour mettre fin à la situation qui prévaut à Gaza dont il a présenté l'ébauche à ses collègues de l'OSCE. Selon la presse israélienne, une « lettre confidentielle » aurait été envoyée à Washington, et Catherine Ashton, Haute représentante pour la politique extérieure de l'UE en a eu la primeur durant le week-end. M. Lieberman indique qu'il en a fait part aux ministres de l'OSCE. Il a lui même précisé cependant que M. Netanyahou n'a pas encore donné son aval. Ce ne sont que des idées, pas des décisions, précise un diplomate israélien.
En gros, le chef de la diplomatie israélienne propose un retrait total de Gaza. La portion de territoire deviendrait autonome, ce qui autorise la presse israélienne à croire que M. Lieberman, qui n'aime pas l'Autorité palestinienne et ne pense pas qu'elle soit un interlocuteur crédible, lui ferait ainsi une « mauvaise manière » en lui déniant toute responsabilité dans Gaza gouvernée en fait par le Hamas. La communauté internationale et l'UE seraient appelées à reconnaître formellement la fin de l'occupation israélienne dans de « Hamasland », et ce qui en découlerait, c'est-à-dire la non obligation de fournir appui, assistance et protection à la population tel que le dispose la loi internationale. L'envoi d'une force internationale est suggéré par M. Lieberman, qui fait directement appel à la « légion étrangère » française. L'UE aurait la responsabilité de mener un programme de réhabilitation de l'infrastructure économique et sociale du territoire, ce qu'elle fait déjà. Le ministre israélien lui propose en plus une liste de projets (usine de désalinisation, générateurs d'électricité et assainissement des eaux usées).
Le chef de la diplomatie du Grand-Duché de Luxembourg, Jean Asselborn, qui a rencontré M. Lieberman, a « réitéré la disponibilité de l'UE à reprendre sa mission de police à Rafah pour sécuriser la frontière entre la Bande de Gaza et l'Égypte », selon un communiqué de son service de presse. Ils ont abordé, au cours de leur échange de vues, le processus de paix. M. Asselborn a « répété son incompréhension sur la stratégie du gouvernement israélien de continuer le développement massif des colonies à Jérusalem-Est, tout en exprimant son sentiment que ce fait constitue une entrave insurmontable à tout accord de paix avec l'Autorité palestinienne ». Il s'est « intéressé plus particulièrement aux intentions israéliennes dans ce domaine suite à l'expiration du moratoire partiel du processus de colonisation au mois de septembre ». (F.B.)