Bruxelles, 20/07/2010 (Agence Europe) - Le Médiateur européen, Nikiforos Diamandouros, estime que la Commission européenne a imposé tardivement des restrictions sur les importations de bœuf brésilien en 2008, afin de gérer les risques de fièvre aphteuse. Mais il ne partage pas l'avis d'une confédération paysanne britannico-irlandaise qui affirmait que la Commission aurait dû imposer une interdiction totale d'importation de bœuf brésilien à partir de 2007.
La Commission a expliqué que des défaillances dans le système de contrôle du bœuf brésilien avaient effectivement été identifiées en novembre 2007. En conséquence, elle avait imposé des restrictions draconiennes à l'importation de bœuf brésilien, mais estimait qu'une interdiction totale était injustifiée. Le Médiateur a conclu que la décision de ne pas imposer une interdiction totale se justifiait au vu des informations disponibles. Néanmoins, il a critiqué le délai mis par la Commission européenne pour imposer une restriction des importations de bœuf en provenance d'élevages non-agréés. Celle-ci n'interviendra finalement qu'à la mi-mars 2008.
En juillet 2007, la confédération Fairness for Farmers in Europe s'est adressée au Médiateur, en prétendant que la Commission aurait dû imposer une interdiction totale d'importation du bœuf brésilien en raison de la menace potentielle pour la santé animale. La Commission a expliqué que de sérieuses défaillances dans le système de contrôle du bœuf brésilien avaient effectivement été identifiées. Elle a par conséquent imposé des restrictions draconiennes à l'importation, en s'abstenant toutefois d'imposer une interdiction totale. Ces restrictions d'importation ont porté à seulement 412 le nombre d'élevages bovins brésiliens agréés pour l'exportation vers l'UE, contre environ 10 000 précédemment. Selon la plaignante, ces restrictions à l'importation étaient insuffisantes. La confédération paysanne allègue que, suite à un rapport très critique de l'Office alimentaire et vétérinaire de l'UE en novembre 2007, la Commission aurait dû mettre en place des restrictions plus draconiennes afin que du bœuf brésilien ne parvienne pas sur le territoire de l'UE. La Commission a répliqué qu'une interdiction totale n'était pas justifiée, étant donné qu'à partir de mi-mars 2008, seul le bœuf en provenance d'élevages agréés au Brésil était autorisé à l'importation vers l'UE.
Le Médiateur a conclu que les arguments de la Commission contre l'interdiction totale du bœuf brésilien étaient convaincants. Néanmoins, il a critiqué la Commission pour avoir permis l'importation vers l'UE de bœuf brésilien en provenance de 10 000 élevages non-agréés, entre février et mars 2008. Le Médiateur a demandé à la Commission de poursuivre régulièrement ses inspections en-dehors de l'UE, afin de s'assurer que les normes nécessaires pour la santé animale et la santé publique soient respectées et ce avant que les aliments soient importés dans l'UE.
Le texte complet de la décision est disponible via le lien suivant: http: //http://www.ombudsman.europa.eu/ cases/decision.faces/en/5098/html.bookmark (O.J.)