Bruxelles, 20/07/2010 (Agence Europe) - Refus de financement des routes non-conformes aux normes européennes, harmonisation progressive des contrôles techniques et développement d'une stratégie commune de formation sont quelques-unes des actions proposées dans le plan d'action pour la sécurité routière adopté mardi 20 juillet par la Commission européenne. Le programme, qui couvre les années 2011-2020, vise à réduire de moitié le nombre de décès sur les routes dans le courant de la prochaine décennie, en axant les initiatives sur l'amélioration de la sécurité des véhicules, de la sécurité des infrastructures et du comportement des usagers. À plus long terme, la Commission aimerait aussi présenter un objectif chiffré pour réduire le nombre de blessés, dont le nombre, bien qu'en diminution, dépasse toujours 1,4 million de personnes.
« Le coût de la souffrance humaine est de180 milliards d'euros par. C'est un prix trop cher à payer » a déclaré Siim Kallas, le commissaire chargé des transports en présentant à la presse le plan d'action adopté. Pour chaque personne décédée (plus de 35 000 en 2009), quatre sont atteintes d'un handicap permanent dû aux lésions cérébrales ou spinales, a-t-il observé. Et d'assurer que la Commission aimerait présenter « le plus rapidement possible » un « objectif commun de réduction des blessés ». Aucune date n'est avancée à ce stade pour la définition d'un tel objectif. Le plan prévoit pour l'instant l'identification des actions précises comme l'élaboration d'un guide d'intervention, la définition commune des lésions (toujours discutée au sein de l'Organisation mondiale de la santé) et la création d'équipes de secouristes mixtes entre les États membres. Six autres objectifs stratégiques ont été définis. Ils prévoient des actions pour: - améliorer l'éducation et la formation des usagers: la Commission travaillera en coopération avec les États membres sur le développement d'une stratégie de formation, qui sensibilise à la sécurité routière. Elle prévoit aussi d'introduire des exigences communes minimales pour les instructeurs et d'assurer la continuité de l'apprentissage avant la délivrance du permis de conduire ; - renforcer le contrôle de l'application du code de la route: la Commission travaillera pour finaliser les travaux sur la directive facilitant l'échange transfrontalier d'informations sur la sécurité routière. D'autres mesures plaident en faveur de l'élaboration des plans nationaux de mise en œuvre de la sécurité routière, de l'introduction des limitateurs de vitesse dans les véhicules utilitaires et des systèmes d'anti démarrage par éthylotest. Ces derniers pourraient être rendus obligatoires notamment dans les bus scolaires; - pour améliorer la sécurité des infrastructures, le financement communautaire serait désormais réservé uniquement aux routes compatibles avec les directives sur la sécurité routière et celle sur la sécurité des tunnels. La promotion d'échanges de bonnes pratiques est prévue pour renforcer la sécurité du réseau routier secondaire ; - des propositions seront aussi faites pour améliorer la sécurité des véhicules, harmoniser progressivement les contrôles techniques et les inspections routières; - une étude de faisabilité devrait être faite en vue d'équiper les voitures privées et les voitures utilitaires de systèmes d'aide à la conduite (ADAS). Le déploiement du système d'appel électronique eCall devrait être accéléré et son application étendue à d'autres modes de transport comme les motocycles, les poids lourds et les bus. La protection des usagers les plus vulnérables (piétons, cyclistes, personnes âgées) devrait prendre en compte surtout les motocyclistes (45% de l'ensemble des tués en 2008). L'introduction de l'inspection des véhicules à deux roues et l'encouragement au déploiement d'une infrastructure appropriée seraient à ce stade les actions prioritaires dans ce domaine. (A.By.)