Bruxelles, 20/07/2010 (Agence Europe) - Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE, se réjouit que le Royaume-Uni, partisan d'un relèvement unilatéral de l'offre climatique européenne pour la réduction des émissions de CO2 à l'horizon 2020, tout comme l'Allemagne et la France qui ont opéré en juin un revirement à 180° de leur position, plaident conjointement pour une réduction de 30% des émissions de CO2 de l'UE d'ici à 2020 par rapport à 1990.
Dans un communiqué publié lundi 19 juillet, M. Gurria déclare: « Veiller à assurer un accord sur les gaz à effet de serre qui engagera une coalition assez large de pays qui fassent suffisamment de progrès est l'une des questions en suspens les plus importantes à l'agenda international. Il est encourageant que ces trois pays soient prêts à plaider pour des avancées ambitieuses ».
La nouvelle était connue dès le Conseil Environnement du 14 juin quand fut débattue la communication de la Commission européenne sur l'analyse des options envisageables pour aller au-delà de l'objectif des 20% (EUROPE n° 10159). Elle a semblé faire peau neuve quand les ministres de l'Environnement Jean-Louis Borloo (France), Chris Huhne (Royaume-Uni) et Norbert Röttgen (Allemagne) ont publié conjointement dans la presse une tribune libre intitulée « Réduire de 30% le taux des émissions de carbone - il faut un modèle de croissance neuf en Europe » (quotidien Le Monde du 16 juillet).
Dans cette tribune, les trois ministres justifient leur credo par « la nécessité pour l'UE d'adopter un objectif de réduction des émissions de carbone de nature à véritablement inciter à l'innovation et à l'action dans le contexte international » et d'une occasion à saisir pour l'Europe « en conduisant le monde dans ses efforts de création de ce nouveau modèle à faibles émissions de carbone en vue de renouer avec la croissance économique ».
Une analyse récente de l'OCDE intitulée « Costs and Effectiveness of the Copenhagen Pledges: Assessing Global Greenhouse Gas Emissions Targets and Action for 2020 » suggère que les coûts additionnels liés à un relèvement de l'objectif de l'UE (une réduction de 30% des émissions) seraient modérés: environ 0,3% du PIB en 2020 dans l'hypothèse où les marchés du carbone seraient reliés entre eux, contre 0,2% pour un objectif de réduction de 20% et en l'absence de lien entre les différents marché du carbone. (A.N.)