login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10042
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/prix sakharov 2009

Au nom de Memorial, Sergueï Kovalev demande à l'Union de ne pas rester silencieuse face à la Russie

Strasbourg, 16/12/2009 (Agence Europe) - Le Prix Sakharov 2009 a été attribué à l'organisation Memorial, qui se bat pour la défense des droits de l'Homme en Russie. Les représentants de Memorial, Segueï Kovalev, Lioudmila Alexeïeva et Oleg Orlov, chaleureusement et longuement applaudis par une assemblée debout, ont été salués par le président Buzek. En les honorant, le PE honore ceux qui ont perdu leur vie pour défendre la liberté d'esprit et d'expression, a dit M. Buzek, en citant les journalistes russes assassinés (et dont les assassins restent impunis) mais aussi ceux qui, en Roumanie, en Pologne et dans d'autres pays d'Europe de l'est ont ainsi sacrifié leur vie. Et de conclure: « Nous espérons que la Russie défendra ces libertés avec nous, en partenaire ».

Sergueï Kovalev a évoqué lui aussi ceux qui sont morts pour leurs convictions et leur attachement aux valeurs de la culture politique européenne, en se défendant de « faire de l'eurocentrisme », car ces valeurs sont universelles. Mais l'Union européenne est sans doute la plus proche de l'idée de liberté que se faisait Andreï Sakharov. La Russie est un pays européen, et on ne peut nier sa contribution à la culture politique européenne, constate M. Kovalev, mais elle a choisi (et c'est son droit) de suivre sa propre voie. L'héritage sanglant du stalinisme est la cible des défenseurs des droits de l'Homme: cependant, cet héritage est lourd et présent, et « la terreur continue d'être utilisée lorsqu'on la considère nécessaire », déplore M. Kovalev en citant entre autres les 3000 personnes mortes ou disparues en Tchétchénie. Il reconnaît aussi certains progrès: après les arrêts de la Cour européenne des droits de l'Homme sur des plaintes de citoyens russes, la Russie a indemnisé les victimes, mais elle a refusé d'ouvrir des enquêtes et de poursuivre les coupables. Andreï Sakharov avait donc raison lorsqu'il disait que son pays a besoin du soutien de l'Europe mais aussi de pressions, et Sergueï Kovalev invite l'Union à ne pas rester silencieuse, car ce silence pourrait être interprété comme de l'indulgence. On pourrait croire que rien ne peut limiter la première et plus précieuse des libertés, la liberté de pensée, mais c'est faux, comme l'expérience des dictatures totalitaires le prouve: la peur peut tuer cette liberté, c'est donc contre elle qu'il faut se battre avant tout. (L.G.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES