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Bulletin Quotidien Europe N° 10002
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/bosnie-herzÉgovine

Les dirigeants des trois communautés rejettent le paquet de réformes proposé par l'UE et Washington

Bruxelles, 20/10/2009 (Agence Europe) - L'UE et les États-Unis ont une nouvelle fois réuni les dirigeants politiques de la Bosnie-Herzégovine - serbes, musulmans et croates bosniaques - mardi 20 octobre à Sarajevo dans l'espoir de trouver un accord sur un programme de réformes, en premier lieu de la Constitution, afin de sortir le pays du blocage institutionnel et de le remettre sur la voie de l'adhésion à l'UE et l'OTAN. Une première réunion du même type avait eu lieu le 9 octobre mais sans résultats tangibles. « Il est absolument essentiel et crucial d'obtenir des résultats concrets cette semaine », a déclaré le commissaire Olli Rehn mardi avant la réunion à laquelle il représentait l'UE avec le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt. La délégation américaine était dirigée par le secrétaire d'État adjoint, James Steinberg. Il faut absolument un « accord politique » sur la réforme de la Constitution qui permettrait à la Bosnie de présenter une « candidature crédible » à l'adhésion à l'UE, a souligné M. Rehn. Les chances d'une percée semblaient plutôt maigres mardi après-midi après que les dirigeants des trois communautés eurent déjà tous rejeté les nouvelles propositions euro-américaines. Pour le leader serbe bosniaque, Milorad Dodik, les réformes constitutionnelles proposées par l'UE et les États-Unis constitueraient un « amendement drastique » des accords de Dayton et viseraient uniquement à protéger les intérêts des musulmans bosniaques. Les musulmans et croates bosniaques ont également rejeté les propositions pour d'autres raisons, ce qui laissait présager des négociations difficiles. La réunion doit en principe se poursuivre ce mercredi 21 octobre.

Dans son rapport de progrès 2009 publié la semaine dernière (EUROPE n° 9998), la Commission avait critiqué la Bosnie-Herzégovine pour avoir « très peu progressé » dans ses efforts pour satisfaire aux critères politiques d'adhésion à l'UE. Le climat politique national s'est détérioré et le fonctionnement des institutions continue à poser problème, notait-elle. La mise en oeuvre des réformes a été « lente » du fait de « l'absence de consensus et de volonté politique » ainsi qu'en raison de la complexité du cadre institutionnel. Pour que la Bosnie-Herzégovine se rapproche de l'UE, « il est crucial que ses dirigeants politiques aient une vision commune de la direction à suivre par le pays et des grandes réformes liées à l'UE à entreprendre », avait notamment conclu la Commission dans son rapport. Le pays devra tout d'abord satisfaire aux conditions qui ont été fixées pour la fermeture du Bureau du Haut Représentant (BHR) car une candidature d'adhésion à l'UE ne sera possible qu'après la fermeture du BHR, insiste M. Rehn. En plus, la réforme de la Constitution et un fonctionnement efficace des institutions étatiques sont indispensables pour que la Commission puisse recommander aux pays membres d'octroyer à la Bosnie le statut de pays candidat, a-t-il dit. (H.B.)

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