Strasbourg, 20/10/2009 (Agence Europe) - L'UE doit parler d'une seule voix lors de la conférence de Copenhague sur le changement climatique, a déclaré, mardi 20 octobre, le président de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen. Jo Leinen (S-D) s'est félicité de l'adoption, la veille, par sa commission, d'une résolution sur la stratégie de l'UE dans la perspective de Copenhague (EUROPE n° 9990).
M. Leinen a expliqué devant la presse l'importance d'une position unie de l'UE si elle veut peser dans les négociations à Copenhague. La résolution, adoptée par la commission parlementaire lundi 19 octobre par 55 voix contre une seule, et qui devra passer devant le Parlement réuni en plénière en novembre, prône une position « qui reflète ce que nous dit la communauté scientifique », a-t-il dit. Selon la Commission, l'UE doit plaider en faveur d'une réduction de 40% des gaz à effet de serre dans les pays industrialisés d'ici 2020, par rapport aux niveaux de 1990, moyennant l'adoption de positions analogues par le Japon, l'Australie et les États-Unis. M. Leinen a également enjoint au Brésil, à la Chine et à l'Inde de respecter le plan d'action élaboré à Bali en décembre 2007, qui préconise des plans nationaux d'atténuation des émissions. En outre, la structure européenne d'échange des droits d'émission (ETS) pourrait utilement être liée à d'autres programmes similaires dans d'autres régions, créant ainsi « l'amorce d'un marché mondial du carbone », selon les termes de M. Leinen. Enfin, l'UE doit afficher son soutien aux pays en développement en leur octroyant 30 milliards d'euros annuels d'aide pour contribuer à l'atténuation des émissions et à l'adaptation au changement climatique. Cette aide ne doit en aucun cas remplacer les engagements actuels en matière d'aide au développement, selon la résolution.
Les Américains devraient en outre rendre contraignantes les promesses de campagne électorale formulées par le président Barack Obama, ajoute M. Leinen. « Obama doit venir à Copenhague avec des objectifs contraignants » et non seulement des belles paroles, a-t-il indiqué. « Nous ne voulons pas attaquer les Américains, mais plutôt les encourager », a dit M. Leinen. Et d'ajouter: « Ils sont entre cinq et dix ans en retard par rapport à l'UE dans ce débat. Les huit années [de l'administration Bush] sont des années perdues ». (C.D.)