Bruxelles, 14/10/2009 (Agence Europe) - L'Espagne, qui assumera la Présidence de l'UE au premier semestre 2010, accordera une « priorité » à la mise en œuvre du Traité de Lisbonne, a expliqué le secrétaire d'État espagnol aux Affaires européennes, Diego Lopez Garrido, mardi 13 octobre, à un petit groupe de journalistes à Bruxelles. Les difficultés concernant la ratification tchèque seront surmontées et « je suis sûr que le traité entrera en vigueur encore sous présidence suédoise, avant la fin de l'année », a-t-il dit. Avec l'entrée en vigueur du nouveau traité, la Présidence espagnole marquera aussi le début d'une « nouvelle phase politique » de l'UE pour laquelle Madrid veut « donner le ton » au cours du premier semestre 2010, affirme M. Garrido. Les autres priorités de la Présidence espagnole seront: - l'économie: préparation de la stratégie de sortie (« exit strategy ») des déficits budgétaires des États membres liés à la crise économique, mise en œuvre des nouvelles règles en matière de régulation des marchés financiers, adoption d'une nouvelle stratégie de Lisbonne post-2010 pour encourager la croissance et l'emploi ; - la citoyenneté européenne. En se fondant sur la Charte des droits fondamentaux, qui fait partie intégrante du Traité de Lisbonne, la Présidence espagnole souhaite notamment travailler sur l'égalité des chances entre hommes et femmes et mettre en exergue le problème de la violence contre les femmes. Ce fléau, qui constitue une réelle problématique dans beaucoup de pays membres, « doit devenir une question européenne », explique M. Garrido ; - la politique étrangère de l'UE. Avec les nouveaux instruments mis à sa disposition grâce au Traité de Lisbonne (Haut représentant, service européen d'action extérieure, etc.), l'UE devra commencer, sous présidence espagnole, à développer une véritable politique étrangère européenne en commençant par formuler les lignes directrices de sa future politique vis-à-vis des principaux partenaires et régions du monde, estime M. Garrido. La Présidence espagnole devra aussi gérer le démarrage du service européen d'action extérieure (SEAE). Le Conseil européen des 29 et 30 octobre devrait adopter un rapport décrivant le cadre juridique et les principes de fonctionnement sur la base desquels le futur « service diplomatique européen » sera constitué une fois que le Traité de Lisbonne sera en vigueur et le nouveau Haut représentant en place (rappelons que c'est lui qui, en accord avec le président de la Commission, devra faire des propositions pour la création du service). Le COREPER prépare en ce moment le rapport en vue de son adoption par les dirigeants fin octobre. Les 27 semblent être d'accord sur le fait que la mise en place du service, qui sera autonome, se fera de manière « progressive » mais qu'une décision définitive sur le budget et le personnel devront être prises d'ici mi-2010, c'est-à-dire encore sous présidence espagnole. Il semble aussi acquis que le fonctionnement du service sera réévalué d'ici deux à trois ans, en tout cas avant l'arrivée de la prochaine Commission (celle qui succèdera à Barroso II). Sous présidence espagnole, pas moins de neuf sommets avec des pays tiers sont prévus, selon M. Garrido: États-Unis, Russie, Japon, Canada, Union pour la Méditerranée, Amérique Latine, Maroc, Pakistan, Mexique. (H.B.)