Bruxelles, 14/10/2009 (Agence Europe) - L'Union européenne et ses États membres ont une responsabilité commune qui consiste à apporter une solution à la question très sensible de l'exclusion des minorités roms des composantes de la société. Il leur incombe également de mettre en application, de la manière la plus efficace possible et dans le cadre de leurs compétences respectives, leurs stratégies d'inclusion. Tel est le message principal envoyé par la conférence à haut niveau sur « le Fonds social européen et les Roms », qui se tient du 13 au 15 octobre à Budapest (Hongrie) et dont un des objectifs est de voir comment on peut canaliser les ressources des Fonds structurels pour améliorer la situation économique et sociale de ces minorités. La conférence a été ouverte, devant quelque 300 participants, par le président de la République de Hongrie, Laszlo Solyom, le commissaire aux Affaires sociales, Vladimir Spidla, le ministre hongrois des Affaires sociales et du travail, Laszlo Herczog, la députée européenne hongroise Livia Jaroka et l'ombudsman hongrois pour les droits nationaux et des minorités, Erno Kallai. Cette conférence à haut niveau est la première du genre après le Sommet européen des Roms du 16 septembre 2008 à Bruxelles.
Ce que l'Union ne peut pas et ne veut pas faire seule: « L'Union ne peut seule - et ne veut pas - solutionner les problèmes qui font des Roms une communauté vulnérable. Nous nous devons d'agir ensemble, l'UE, les États membres, les régions et municipalités. Je crois en une responsabilité partagée. Nous devons faire en sorte que nos contributions soient apportées sur la base de nos compétences propres en tant que maires, gouverneurs de régions, ministres nationaux ou membres de la Commission européenne », a commenté Vladimir Spidla dans son intervention à la conférence. Pour le commissaire, l'engagement de tout un chacun est indispensable pour briser le cycle du préjudice, de la pauvreté, du manque de formation, du chômage, des conditions de logement misérables, d'une mauvaise santé et de la marginalisation sociale. « Nous devons accepter notre part de responsabilité de telle sorte que chaque Rom - homme, femme, enfant - puisse jouir des droits et des opportunités qui sont offertes aux autres citoyens », a-t-il renchéri.
Ce que l'Union peut et veut faire: le commissaire Spidla a affirmé qu'elle pouvait: assurer un leadership politique, mettre en vigueur les législations européennes sur les droits fondamentaux et la lutte contre les discriminations et le racisme, accorder d'autres soutiens financiers, coordonner les politiques nationales et faciliter la coopération entre les divers acteurs concernés. Et de rappeler ce qu'il avait dit devant la deuxième réunion de la plate-forme intégrée de la population rom qui s'est tenue le 28 septembre à Bruxelles, à savoir que la Commission appelle à la mise en place de politiques pragmatiques, constructives et non discriminatoires destinées aux Roms (EUROPE n° 9987).
Utilisation des Fonds structurels pour l'intégration des Roms: Deux possibilités s'offrent à nous, a noté Vladimir Spidla: (1) le Fonds social européen (FSE) peut financer des projets relevant de la formation professionnelle, du travail indépendant, des microcrédits pour les Roms, ou de tout projet en faveur de l'inclusion sociale des Roms ; (2) le Fonds européen de développement régional (FEDER) peut être mobilisé pour des logements décents. En conclusion, M. Spidla a rappelé que « l'exclusion entraîne des coûts, tant en termes de productivité que de transferts. L'inclusion des Roms n'est pas seulement tout bénéfice pour eux mais aussi pour la société dans son ensemble ». (G.B.)