Bruxelles, 29/06/2009 (Agence Europe) - Tandis que les discussions au plan technique se poursuivent au siège de l'OMC, lentement, mais sûrement, la reprise des pourparlers de Doha au plan politique s'amorce. Pour le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, les négociations prennent « plutôt bonne tournure ». Il reste, selon lui, « un peu de travail à faire, mais ce qu'il y a sur la table, c'est 80% de la négociation ». Réunis, à l'initiative du ministre australien du Commerce, Simon Crean, en marge de la réunion ministérielle annuelle de l'OCDE les 24 et 25 juin à Paris, les principaux acteurs du round ont affirmé leur engagement à conclure d'ici 2010 le round de négociations multilatérales lancé en 2001 au Qatar. La multiplication des contacts entre les États-Unis et l'Inde, pour surmonter leurs divergences, permet en particulier d'envisager l'avenir du round avec plus d'espoir. Le différend entre Washington et New Delhi sur le mécanisme de sauvegarde spéciale, destiné à protéger les agriculteurs des pays en développement d'une forte hausse des importations ou d'une baisse des prix, est l'une des principales causes du blocage du round depuis l'échec de la ministérielle de juillet 2008. Côté américain, le représentant au Commerce, Ron Kirk, s'est dit « très encouragé par ce [qu'il a] entendu de la part du nouveau ministre indien du Commerce, Anand Sharma et « compte continuer à travailler avec lui ». Pour donner une nouvelle impulsion politique aux pourparlers, M. Sharma souhaite quant à lui réunir les principaux négociateurs en septembre en Inde. Pour leur part, la commissaire européenne au Commerce, Catherine Ashton et son homologue australien plaident pour une reprise rapide des négociations qui devraient désormais, selon eux, être élargis au-delà de l'agriculture et des tarifs industriels afin de se pencher sur d'autres éléments d'un paquet final, les services et les accords sectoriels pour les produits industriels.
Reste que la seule volonté d'aboutir ne suffit pas, et les nouvelles concessions attendues par les pays développés seront difficiles à arracher aux économies émergentes. Dans une déclaration conjointe publiée après la réunion, les ministres du Commerce de l'Afrique du Sud, Rob Davies, du Brésil, Celso Amorim et de l'Inde soulignent qu'« il serait déraisonnable et irréaliste de supposer que de nouvelles concessions viendraient des pays en développement, en particulier en pleine crise économique ». De son côté, l'Américain Kirk, qui prône une nouvelle approche basée sur des négociations bilatérales directes entre les grands acteurs du round, a maintenu la pression mise par Washington sur les grandes économies émergentes pour qu'elles ouvrent plus largement leurs marchés dans certains secteurs industriels. (E.H.)